Le sanatorium marin de Trestel : Différence entre versions

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En 1918 le Conseil général lance un concours d’architecte pour ouvrir un sanatorium marin dans le département. Cette initiative fait ainsi suite aux visites effectuées dans les plus importants sanatoriums de France. Un seul projet sera déposé par l’architecte Victor Le Guen de Saint-Brieuc et qui ne satisfait pas totalement les responsables.
 
En 1918 le Conseil général lance un concours d’architecte pour ouvrir un sanatorium marin dans le département. Cette initiative fait ainsi suite aux visites effectuées dans les plus importants sanatoriums de France. Un seul projet sera déposé par l’architecte Victor Le Guen de Saint-Brieuc et qui ne satisfait pas totalement les responsables.
  
'''Caroual ?'''
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==Caroual ?==
  
 
Il est envisagé de le construire sur un terrain situé à Caroual sur la commune d’Erquy. L’architecte départemental, M.Bourgin se rend sur place en aout 1920. Il est envisagé d’acquérir près de 14 hectares situé face à la plage de Cavé. Le cap d’Erquy protège le site des vents de Nord et d’Est. La proximité des carrières devrait réduire les coûts de construction. La ligne de chemin de fer départemental passe à proximité, il sera possible d’y ajouter une halte pour les familles des résidents D’autres sites sont également pressentis, à Lancieux, à la Granville (Hillion).
 
Il est envisagé de le construire sur un terrain situé à Caroual sur la commune d’Erquy. L’architecte départemental, M.Bourgin se rend sur place en aout 1920. Il est envisagé d’acquérir près de 14 hectares situé face à la plage de Cavé. Le cap d’Erquy protège le site des vents de Nord et d’Est. La proximité des carrières devrait réduire les coûts de construction. La ligne de chemin de fer départemental passe à proximité, il sera possible d’y ajouter une halte pour les familles des résidents D’autres sites sont également pressentis, à Lancieux, à la Granville (Hillion).
  
'''L’hôtel des bains'''
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==L’hôtel des bains==
  
 
Mais au cours de l’été 1921, le Comité antituberculeux entame des pourparlers pour acquérir un hôtel et un terrain à Trestel une plage sur la commune de Trévou-Tréguignec à quelques kilomètres de Perros-Guirec, pour une valeur de 115 000 Francs auxquels il faut ajouter 80 000 F pour les terrains contigus. Il est envisagé de construire un équipement de 200 lits, pour ensuite passer à 1 000 !
 
Mais au cours de l’été 1921, le Comité antituberculeux entame des pourparlers pour acquérir un hôtel et un terrain à Trestel une plage sur la commune de Trévou-Tréguignec à quelques kilomètres de Perros-Guirec, pour une valeur de 115 000 Francs auxquels il faut ajouter 80 000 F pour les terrains contigus. Il est envisagé de construire un équipement de 200 lits, pour ensuite passer à 1 000 !
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Bien évidemment il n’est pas question de s’en tenir à une structure de cette dimension.
 
Bien évidemment il n’est pas question de s’en tenir à une structure de cette dimension.
  
'''Le grand sanatorium'''
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==Le grand sanatorium==
  
 
Un dossier  a été  préparé à la hâte en 1921, les plans confiés à l’architecte départemental M.Bourgin afin d’obtenir le financement de l’Etat. Il s’agit dans un premier temps d’un long bâtiment à un étage face à la mer, dans le plus pur style des bâtiments administratifs de la III° République. Il doit accueillir 130 lits dans la première tranche.
 
Un dossier  a été  préparé à la hâte en 1921, les plans confiés à l’architecte départemental M.Bourgin afin d’obtenir le financement de l’Etat. Il s’agit dans un premier temps d’un long bâtiment à un étage face à la mer, dans le plus pur style des bâtiments administratifs de la III° République. Il doit accueillir 130 lits dans la première tranche.
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Les plans  définitifs sont établis par l’architecte Feine, installé à Paris, Bd Saint-Germain.  Le projet reçoit un premier avis favorable du Comité Technique National lui permettant d’obtenir la subvention de l’Etat, égale à 50% ; comme le prévoit la loi Honnorat. Mais le projet est couteux, pas moins de 4,5 MF ; Il manque une part du financement. Alors le projet est revu à la baisse et soumis au Conseil général en mai 1924. Faute de réunir le financement les ambitions sont réduites à 300 lits Le coût de l’opération est évalué à 3,225 MF, il obtient à nouveau le feu vert du Comité technique national. Les travaux sont confiés à l’entreprise Pastre et Delon, de Tréguier qui construit également des lignes du second réseau de chemin de fer départemental ainsi que la gare de Saint-Brieuc et de Pontrieux pour le réseau Ouest-Etat. La subvention de l’Etat pour ces établissements est prélevée sur les fonds du Pari Mutuel et le paiement assuré par la Caisse des Dépôts et Consignations.
 
Les plans  définitifs sont établis par l’architecte Feine, installé à Paris, Bd Saint-Germain.  Le projet reçoit un premier avis favorable du Comité Technique National lui permettant d’obtenir la subvention de l’Etat, égale à 50% ; comme le prévoit la loi Honnorat. Mais le projet est couteux, pas moins de 4,5 MF ; Il manque une part du financement. Alors le projet est revu à la baisse et soumis au Conseil général en mai 1924. Faute de réunir le financement les ambitions sont réduites à 300 lits Le coût de l’opération est évalué à 3,225 MF, il obtient à nouveau le feu vert du Comité technique national. Les travaux sont confiés à l’entreprise Pastre et Delon, de Tréguier qui construit également des lignes du second réseau de chemin de fer départemental ainsi que la gare de Saint-Brieuc et de Pontrieux pour le réseau Ouest-Etat. La subvention de l’Etat pour ces établissements est prélevée sur les fonds du Pari Mutuel et le paiement assuré par la Caisse des Dépôts et Consignations.
 
Les travaux sont surveillés par l’Ingénieur des TPE de  Tréguier, M. Allanic, qui touche pour cela 4 000 francs.
 
Les travaux sont surveillés par l’Ingénieur des TPE de  Tréguier, M. Allanic, qui touche pour cela 4 000 francs.
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L’ouverture définitive se déroule en 1929,  le sanatorium marin devient un établissement départemental à compter du 1°janvier 1929. L’Œuvre Antituberculeuse qui a assuré la maitrise d’ouvrage des travaux  cède l’établissement au Conseil général. Les choses sont facilitées du fait que M. Kerguézec, comme nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises,  préside à la fois l’OAT et le Conseil général.
 
L’ouverture définitive se déroule en 1929,  le sanatorium marin devient un établissement départemental à compter du 1°janvier 1929. L’Œuvre Antituberculeuse qui a assuré la maitrise d’ouvrage des travaux  cède l’établissement au Conseil général. Les choses sont facilitées du fait que M. Kerguézec, comme nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises,  préside à la fois l’OAT et le Conseil général.
  
'''La transformation en centre de rééducation fonctionnelle'''
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==La transformation en centre de rééducation fonctionnelle==
  
 
Les lois promulguées en 1968 et 1970 vise à intégrer les établissements de lutte contre la tuberculose dans le système hospitalier. Le centre de Trestel se voit ainsi rattaché dans un premier temps au CH de Saint-Brieuc puis en 1989 à celui de Lannion.
 
Les lois promulguées en 1968 et 1970 vise à intégrer les établissements de lutte contre la tuberculose dans le système hospitalier. Le centre de Trestel se voit ainsi rattaché dans un premier temps au CH de Saint-Brieuc puis en 1989 à celui de Lannion.
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[[catégorie:Le Centre Hélio-marin de Saint-Laurent-de-la-Mer à Plérin et la lutte contre la tuberculose dans les Côtes-du-Nord]]

Version actuelle en date du 25 juillet 2013 à 15:52

Le sanatorium marin de Trestel

En 1917, le conseil général décide d’envoyer une délégation dans plusieurs départements afin de voir comment ont été conçus les principaux sanatoriums. Elle se déplace à la fin de l’année 1918 et est composé de trois élus ; le docteur Chambrun, M. Heurtel et M. Even, accompagnés de l’infatigable du Dr Violette. Elle revient avec beaucoup de documentation et de résolution.

Il faut d’abord trouver le site idéal.

En 1918 le Conseil général lance un concours d’architecte pour ouvrir un sanatorium marin dans le département. Cette initiative fait ainsi suite aux visites effectuées dans les plus importants sanatoriums de France. Un seul projet sera déposé par l’architecte Victor Le Guen de Saint-Brieuc et qui ne satisfait pas totalement les responsables.

Caroual ?[modifier]

Il est envisagé de le construire sur un terrain situé à Caroual sur la commune d’Erquy. L’architecte départemental, M.Bourgin se rend sur place en aout 1920. Il est envisagé d’acquérir près de 14 hectares situé face à la plage de Cavé. Le cap d’Erquy protège le site des vents de Nord et d’Est. La proximité des carrières devrait réduire les coûts de construction. La ligne de chemin de fer départemental passe à proximité, il sera possible d’y ajouter une halte pour les familles des résidents D’autres sites sont également pressentis, à Lancieux, à la Granville (Hillion).

L’hôtel des bains[modifier]

Mais au cours de l’été 1921, le Comité antituberculeux entame des pourparlers pour acquérir un hôtel et un terrain à Trestel une plage sur la commune de Trévou-Tréguignec à quelques kilomètres de Perros-Guirec, pour une valeur de 115 000 Francs auxquels il faut ajouter 80 000 F pour les terrains contigus. Il est envisagé de construire un équipement de 200 lits, pour ensuite passer à 1 000 ! Le conseil général lors de sa session de septembre 1921 donne son accord, à l’unanimité, pour soutenir financièrement le projet, et alloue 50 000 F pour remettre en état ce qui existe, et s’engage à contracter un emprunt de 500 000 F.

Selon l’Œuvre Antituberculeuse et de son président M.de Kerguézec, sénateur, il y a urgence à créer cet établissement. Le projet est ambitieux ; pas moins de 600 lits voire plus. Le Conseil général s’engage à apporter 1,5 millions de francs. Un comité de surveillance est mis en place, comprenant trois conseillers généraux et six personnes désignées par Œuvre Antituberculeuse et l’Office départemental des pupilles de la Nation.

Ce projet est en concurrence avec celui qui était envisagé face à la plage de Caroual à Erquy. Ce qui ne manque pas de susciter une polémique au sein de l’assemblée départementale lors de la session d’avril 1922. Le docteur Chambrun, conseiller général et maire de Plancoët défend le site de Caroual et conteste les conditions dans lesquelles le projet de Trestel est venu à l’ordre du jour, sans consultations des commissions habilitées à examiner ce type de projet. Néanmoins le projet de Trestel tient la corde, il est soutenu par le sénateur-maire de Tréguier De Kerguézec, qui connaît bien les lieux et préside le Conseil général, ainsi que l’œuvre antituberculeuse. Difficile de l’affronter ! Mais à travers ce débat pointe aussi vielle opposition entre les élus de l’est et de l’ouest du département, qui n’a pas tout a fait disparue …

Le département se trouve ainsi acquéreur de l’Hôtel des bains (ou Hôtel Nédelec) et des terrains voisins donnant sur la plage de Trestel. Une vue imprenable ! Des travaux sont réalisés de décembre 1921 à avril 1922 avec le crédit de 50 000 francs votés par le Conseil Général afin d’adapter les locaux.

Le premier sanatorium des Côtes du Nord ouvre ainsi ses portes le 1° avril 1922 avec une trentaine d’enfants , des pupilles de la Nation, puis l’effectif est porté à 40  en juin de la même année après transformation du deuxième étage de l’ancien hôtel en dortoir. Le Docteur Etesse est le médecin-directeur de ce nouvel établissement. Il convient également d’y ouvrir une école, ce que demande le Conseil général lors de sa session de septembre 1922 ; Elle est créée l’année suivante dans une dépendance du sanatorium, un instituteur stagiaire y est affecté par l’inspection académique. Dès les premiers mois des résultats tangibles d’amélioration sur le plan médical sont observés chez ces enfants !

Bien évidemment il n’est pas question de s’en tenir à une structure de cette dimension.

Le grand sanatorium[modifier]

Un dossier a été préparé à la hâte en 1921, les plans confiés à l’architecte départemental M.Bourgin afin d’obtenir le financement de l’Etat. Il s’agit dans un premier temps d’un long bâtiment à un étage face à la mer, dans le plus pur style des bâtiments administratifs de la III° République. Il doit accueillir 130 lits dans la première tranche.

Les plans définitifs sont établis par l’architecte Feine, installé à Paris, Bd Saint-Germain. Le projet reçoit un premier avis favorable du Comité Technique National lui permettant d’obtenir la subvention de l’Etat, égale à 50% ; comme le prévoit la loi Honnorat. Mais le projet est couteux, pas moins de 4,5 MF ; Il manque une part du financement. Alors le projet est revu à la baisse et soumis au Conseil général en mai 1924. Faute de réunir le financement les ambitions sont réduites à 300 lits Le coût de l’opération est évalué à 3,225 MF, il obtient à nouveau le feu vert du Comité technique national. Les travaux sont confiés à l’entreprise Pastre et Delon, de Tréguier qui construit également des lignes du second réseau de chemin de fer départemental ainsi que la gare de Saint-Brieuc et de Pontrieux pour le réseau Ouest-Etat. La subvention de l’Etat pour ces établissements est prélevée sur les fonds du Pari Mutuel et le paiement assuré par la Caisse des Dépôts et Consignations. Les travaux sont surveillés par l’Ingénieur des TPE de Tréguier, M. Allanic, qui touche pour cela 4 000 francs.

Trestel 1.jpg TRESTEL 2.jpg


L’ouverture définitive se déroule en 1929, le sanatorium marin devient un établissement départemental à compter du 1°janvier 1929. L’Œuvre Antituberculeuse qui a assuré la maitrise d’ouvrage des travaux cède l’établissement au Conseil général. Les choses sont facilitées du fait que M. Kerguézec, comme nous l’avons déjà évoqué à plusieurs reprises, préside à la fois l’OAT et le Conseil général.

La transformation en centre de rééducation fonctionnelle[modifier]

Les lois promulguées en 1968 et 1970 vise à intégrer les établissements de lutte contre la tuberculose dans le système hospitalier. Le centre de Trestel se voit ainsi rattaché dans un premier temps au CH de Saint-Brieuc puis en 1989 à celui de Lannion.