Le préventorium de Saint-Laurent de la Mer : Différence entre versions

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En 1924 l’hospice de Saint-Brieuc accepte d’assurer le blanchiment des pensionnaires du préventorium de Saint-Laurent jusqu’au 1° janvier 1925 à titre gracieux ; le linge doit être apporté et remporté par le préventorium
 
En 1924 l’hospice de Saint-Brieuc accepte d’assurer le blanchiment des pensionnaires du préventorium de Saint-Laurent jusqu’au 1° janvier 1925 à titre gracieux ; le linge doit être apporté et remporté par le préventorium
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Les plans sont établis par M.Brilhault de Saint-Brieuc. Le coût de cette extension est évalué à 294 000 francs.
 
Les plans sont établis par M.Brilhault de Saint-Brieuc. Le coût de cette extension est évalué à 294 000 francs.
 
La Compagnie d’électricité Lebon accepte de construire à ses frais la ligne électrique desservant le préventorium dans un but d’intérêt public et de bienfaisance.
 
La Compagnie d’électricité Lebon accepte de construire à ses frais la ligne électrique desservant le préventorium dans un but d’intérêt public et de bienfaisance.
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Le préfet, qui est aussi président de l’Office des pupilles de la nation demandent aux communes dans une circulaire du 1°janvier 1926 de verser une subvention pour l’extension du préventorium de Saint-Laurent. Des réponses arrivent rapidement ; Saint-Thélo : 50 F, Moustéru 50 F ; Saint-Jean-Kerdaniel 100 F, Saint-Péver : 50 F ; La commune de Plérin se montre particulièrement généreuse avec une aide de 1 000 F. En parallèle à cette sollicitation des collectivités locales, le public est également amené à contribuer.  
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Le préfet fixe tous les ans le prix de la journée après avis de  ses services d’inspection qui établissent un rapport annuel analysant les comptes de l’établissement et son activité.
 
Le préfet fixe tous les ans le prix de la journée après avis de  ses services d’inspection qui établissent un rapport annuel analysant les comptes de l’établissement et son activité.

Version actuelle en date du 25 juillet 2013 à 15:47

Le préventorium accueille 120 enfants en 1925 ; En 1924 l’hospice de Saint-Brieuc accepte d’assurer le blanchiment des pensionnaires du préventorium de Saint-Laurent jusqu’au 1° janvier 1925 à titre gracieux ; le linge doit être apporté et remporté par le préventorium

L’extension de 1926

L’objectif est de faire passer le préventorium de 120 places à 250.

L’œuvre antituberculeuse et la ligue antituberculeuse lance une souscription en 1926 afin de procéder à l’extension de l’établissement, il doit pouvoir accueillir 250 enfants. Il s’agit de construire un réfectoire, des salles d’études, des préaux couverts, des salles de bain et des douches, une cuisine ainsi que deux cours séparées, une pour les garçons, l’autre pour les filles. Il est envisagé de réalise une aile perpendiculaire au bâtiment existant. Pour cela il faut acquérir un terrain situé entre le préventorium et le chemin qui mène à la plage. Dans un premier temps les exigences de la propriétaire sont jugées exorbitantes (45 000 francs pour 25 ares) et il est envisagé de mener une procédure d’expropriation. Mais une transaction à l’amiable, pour 10 000 Francs, est finalement conclue en juillet 1925. Les plans sont établis par M.Brilhault de Saint-Brieuc. Le coût de cette extension est évalué à 294 000 francs. La Compagnie d’électricité Lebon accepte de construire à ses frais la ligne électrique desservant le préventorium dans un but d’intérêt public et de bienfaisance.

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Le préfet, qui est aussi président de l’Office des pupilles de la nation demandent aux communes dans une circulaire du 1°janvier 1926 de verser une subvention pour l’extension du préventorium de Saint-Laurent. Des réponses arrivent rapidement ; Saint-Thélo : 50 F, Moustéru 50 F ; Saint-Jean-Kerdaniel 100 F, Saint-Péver : 50 F ; La commune de Plérin se montre particulièrement généreuse avec une aide de 1 000 F. En parallèle à cette sollicitation des collectivités locales, le public est également amené à contribuer. Par la suite des souscriptions publiques sont organisées dans les écoles notamment. Une circulaire est adressée aux directeurs et directrices des écoles le 20 novembre 1926 par l’Œuvre Antituberculeuse en accord avec l’Inspecteur d »Académie. A Brélidy la liste signée par l’institutrice comporte vingt noms et 15 F sont ainsi récoltés ;


En 1929 le préfet adresse une circulaire aux maires concernant l’accueil des enfants de 7 à 13 ans au préventorium et notamment la création de ½ et ¼ de bourses en faveur des familles peu fortunées à la charge des communes. Le conseil municipal de Saint-Caradec délibère le 16 juin 1929 et déclare ne pas avoir de ressources disponibles pour 1929 et 1930. La commune d’Uzel se montre plus généreuse en décidant d’envoyer les enfants de la commune au titre de l’aide médicale gratuite et vote 100 francs pour le préventorium et 50 F au Centre antituberculeux.

Le Syndicat d’Initiative se plaint en janvier 1934 ; S’il ne méconnait pas l’intérêt du préventorium, il déplore par contre le fait que les égouts de l’établissement se déversent sur la plage de Saint-Laurent. Les sables sont souillés ainsi que les coquillages ; des odeurs pestilentielles gênent l’entourage. La situation est également nocive pour les enfants accueillis au préventorium qui s’y baignent. Un arrêté préfectoral a même interdit la pêche de coques, palourdes, bigorneaux, etc. ce qui n’empêchent pas des gens de pêcher (notamment des chômeurs) et d’expédier tous les jours des centaines de kilos à la gare… Le syndicat d’initiative demande que des mesures soient prises rapidement, que la commission d’hygiène se rende sur place. Trois ans plus tard le Conseil municipal de Plérin déplore que les travaux envisagés n’aient pas encore été engagés. Il considère que cette situation est inadmissible de la part de l’œuvre Antituberculeuse.

Les admissions

Les préventoriums sont destinés à recevoir des enfants de moins de 16 ans. Il s’agit d’un établissement de cure destiné aux enfants atteints de certaines formes curables de la tuberculose, c'est-à-dire de véritables malades. Il s’agit de prévenir l’extension et l’évolution de la maladie. Les dispensaires d’hygiène sociale interviennent dans le choix des malades à diriger vers les préventoriums. Celui de Saint-Laurent reçoit des malades de l’Aide Médicale Gratuite après avis du Dr Violette dans la limite des places disponibles. La durée du séjour est de six mois, qui peut être prolongé par période de trois mois après avis motivé du médecin de l’établissement. Les résidents doivent apporter leur trousseau dont la liste est établie par le préventorium (photo)

Ainsi dans les années 1920-1930 les enfants séjournant au préventorium sont : des bénéficiaires de l’Aide Médicale Gratuite des enfants d’assurés sociaux notoirement indigents des enfants d’assurés sociaux non indigents des Pupilles de la Nation des pensionnaires pris en charge par leur famille ou d’autres organismes des boursiers départementaux.

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Le préfet fixe tous les ans le prix de la journée après avis de ses services d’inspection qui établissent un rapport annuel analysant les comptes de l’établissement et son activité. En 1923 il est fixé à 6 francs, il passe à 8 F en 1926, puis 10 F en 1928 pour se stabiliser ensuite à 12 F de 1930 à 1936.

Des industriels créent des bourses au profit des enfants de leurs ouvriers, c’est le cas notamment de M. Vaucouleur et de M. Rosengart. La Protection Mutuelle des employés des Chemins de Fer finance également le séjour d’enfants de cheminots.

M. Henri Cousin est le directeur du préventorium jusqu’en 1935, il assume en même temps la charge d’économe. Le rapport au préfet de 1931 indique que cette situation n’est guère satisfaisante. « Le directeur étant dépassé par les charges de cette double fonction. L’établissement vit au jour le jour sans budget. » En 1935 Un nouveau directeur est nommé. Il s’efforce de maintenir le prix de journée à 12 F alors qu’il pourrait être ramené vers 11 F afin d’améliorer la nourriture des enfants (« qui aurait précédemment laissé à désirer » indique le rapport au préfet.)


En 1937 une circulaire tente de mettre un peu d’ordre dans les différents établissements qui se prévalent du nom de préventorium. C’est notamment le cas de colonies de vacances, d’écoles de plein air, de maisons de repos ou de convalescence. Bref un préventorium doit comporter une présence médicale permanente et comporter divers éléments : un lazaret, une infirmerie, des préaux, des galeries de cure, un service médical, de l’enseignement, des jeux. Seuls les préventoriums répondant à ces exigences pourront bénéficier d’aide de l’Etat pour des travaux de création ou d’agrandissement.

En 1930 les résidents du préventorium se répartissent de la façon suivante en nombre de journées(54 600) : -Pupilles de la Nation des Côtes du Nord 17609 - ‘’ d’autres départements 296 - Bénéficiaires de l’AMG des Côtes du Nord 16 557 - « «  de l’Orne 230 - « «  de la Sarthe 259 - « «  de Seine et Oise 136 - « «  du Finistère 123 - « «  de la Seine 139 - Bourses départementales des Côtes du Nord entières 14 529 ¾ de bourses 1 161 ½ bourses 958 - Malades payants 2 100

La fréquentation du préventorium passe de 34 000 journées en 1926, à 51 120 en 1929, puis 65 700 en 1931 ; Par la suite le nombre de journées diminue sensiblement 47 500 en 1935.


Durant la seconde guerre mondiale

Dès le début de l’occupation allemande, l’accès à la zone côtière est strictement contrôlé. Un laissez-passer «  Ausweiss » est nécessaire pour circuler. Même les fonctionnaires des Ponts et Chaussées doivent obtenir une autorisation afin de se rendre sur certains lieux proches des installations allemandes. La délimitation de la zone côtière interdite mettra plusieurs mois avant d’aboutir à un accord entre la Feldkommandantur et la préfecture. Fin 1941 l’affaire est réglée. En mars la zone est étendue jusqu'à la RN 12 et la ligne ferroviaire Paris-Brest. Les infractions font l’objet de punitions. Pour les habitants de la zone côtière, la construction du Mur de l’Atlantique à partir de l’automne 1942 va présenter de nombreux désagréments.


En mars 1944 l’évacuation des habitants de la zone la plus proche de la côte (transformée en zone interdite strictement réservée aux opérations militaires) devient effective à compter du 10. Doivent quitter les lieux les personnes de plus de 65 ans qui n’ont pas obtenu de dérogation. Ceux qui n’ont pas trouvé de lieux de repli le 25 mars seront regroupés et envoyés par convoi dans l’Indre. Le préfet a eu à instruire 5000 demandes de dérogation. Des établissements scolaires de Saint-Brieuc, Lamballe, Guingamp et Lannion sont également concernés à titre de sanction suite à l’attentat qui a coûté la vie à un soldat allemand à Plérin dont les auteurs sont des lycéens ( 2). Les malades des hôpitaux de Saint-Brieuc, Lannion, Lamballe, Paimpol, Tréguier sont dirigés vers l’hôpital de Plouguernevel et le département de l’Indre pour 250 malades de Saint-Brieuc. Le Sanatorium de Trestel et le Préventorium de Saint-Laurent de la Mer sont également évacués, certains malades vers Roscoff, d’autres vers l’établissement de Saint-Quihouet à Plaintel.


Au mois de juin 1942 des parents viennent chercher des enfants sous prétexte «  d’évacuation des côtes «. Le directeur du préventorium alerte le préfet et refuse de lâcher les enfants. Aucun ordre n’est venu des autorités d’occupation, ce ne sont que des bruits sans fondements.

Dans les hôpitaux de Saint-Brieuc, Guingamp, Dinan et Loudéac sont créés au total une centaine de lits pour isoler les tuberculeux «  Les pavillons »