Le Peuple des carrières

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travail des élèves du collège Broussais de Dinan en cours, merci de ne pas corriger.

Objectif du groupe de passionnés du patrimoine: sauvegarder et valoriser le patrimoine des carrières et des cultures ouvrières qui a marqué profondément le bassin granitier du Pays de Dinan. L'aventure démarre en 1197, 1999 et 2001 par les "fêtes du Granit et du Picotou" qui fédèrent toute une population autour de ce patrimoine; les bénévoles se constituent ensuite en groupes de travail au sein du Comité Hinglézien d'Animation Culturelle (Chac) , "le Peuple des carrières " est né. Il met en place en 2007 une structure d'actions culturelles "la Coopé des Arts et du Pain" qui rassemble d'innombrables ateliers. Pour exemples,l'atelier de collectage, remonte aux sources du patrimoine oral et collecte les anciens carriers et agriculteurs :"On cherche à savoir comment ils arrivaient à transformer la pierre en pain" indique jacqueline Besret, l'une des instigatrices du projet. Avec l'atelier "Armoire des familles" ils sont allés fouiller dans l'intimité des armoires et ont créé des œuvres à partir des tissus trouvés, des sculptures sont nées, par l'accueil en résidence de Ronan Thébaut, puis Laetitia Lavieville, ateliers d'écriture aussi: "granit en poésie", "les carnets de carrière en carrière",... "Tout le monde peut être acteur. Ce projet intéresse ceux qui veulent connaître leur passé, ceux intéressés par tout ce qui touche à l'humain, à la petite histoire comme à la grande", souligne Louis Gontran l'un des instigateurs du projet. Le travail gigantesque entrepris par le peuple des carrières porte ses fruits,on entrevoit déjà l'immense toile tissée par les ateliers, et les œuvres d'art créées.

Le Conseil Régional, le Conseil Général, la CODI, les communes apportent leur soutien financier depuis le début du projet, en 2009, l'Europe les rejoint, par le biais du programme LEADER. Séduite par la qualité du projet, le travail important des bénévoles sur le terrain, les appuis locaux, Marie-Reine Tillon, présidente du programme LEADER souhaite "donner les moyens à ce travail d'éducation populaire."

Le groupe s'est lancé le défi de coucher sur le papier tout le travail réalisé dans les différents ateliers, retranscrire les multiples collectes réalisées auprès des anciens granitiers, d'écrire "un livre beau et populaire",d'une grande lisibilité et solidement étayé historiquement. Le projet a démarré sous les conseils de Michel Guyomard du Groupement Français d'Education Nouvelle (GFEN):"Dans ce livre que nous allons créer, l'important sera l'humain. Ce qu'on va mettre dedans, la chair du livre, ce sont les fêtes, les paysages, les gestes, les traditions, les accidents (...)un kaléïdoscope sur l'épopée du granit." Une autre partie de l'ouvrage, romancée, sera réalisée avec l'écrivain Ricardo Montserat.


L'actualité du peuple des carrières[modifier]

le collectif d'écriture, Ricardo Montserrat porte l'écharpe rouge‎

"Fleur de pierre": une saga en lien avec l'histoire du bassin granitier, a été écrite par un collectif d'écriture animé par Ricardo Montserrat. Le roman sortira en librairie à la fin de l'année; en attendant, le "Petit Bleu des Côtes d'Armor" le publie en feuilleton chaque semaine.

Couverture livre.JPG IL EST SORTI!!!!

Après trois années d'enquête et d'écriture collective,le livre est achevé. Découvrez ce magnifique ouvrage lors des Journées des Pierres blanches dont le programme suit Vous pouvez également vous le procurez dans les mairies du Hinglé ,de Brusvily, au café restaurant et à la mairie de Languédias, à la librairie des Rouairies, enfin à l'espace culture de Leclerc.
Affiche carrier.JPG

LES ATELIERS[modifier]

Ils sont nombreux et variés, dans le soucis de proposer à la population des actions attractives pour qu'elle devienne active et s'approprie cette mémoire.

Ateliers de collectage et d'écriture[modifier]

  • Les bénévoles veulent témoigner de la diversité des métiers (tailleur, fendeur, forgeron,...) comme du rôle ds femmes, de la place des enfants. Les anciens carriers sont encore une trentaine sur le bassin, les premiers contacts s'effectuent par téléphone, les auditeurs sont surpris "Oui, mais je ne n'ai rien à raconter", ou "Mais ça ne va pas vous intéresser"; et puis, au moment de la rencontre, tous parlent avec émotion.
le groupe travaille en commun les témoignages collectés

"Carnets de carrières" avec Gildas Chasseboeuf, brèves du "passeur de mots" Michel Lebrigand, poésie avec Nadine Prado, écriture d'une saga avec Ricardo Montserrat... les créations ne manquent pas!


  • Suivre le "Ruban Granitier" avec Michel Le Brigand, le passeur de mots
Le Tour de Bretagne cycliste, ancien Ruban des Granitiers est passé en mai 2008 devant la carrière des Grandes landes là où, il ya 30 ans à peine travaillaient 60 carriers, il n'en reste qu'un aujourd'hui. Le trimardeur, c'est l'ouvrier qui allait de carrière en carrière pour trouver du travail. Beaucoup étaient Italiens, tous passionnés de vélo, ils ont créé leur course. Michel Le Brigand, les suit, glane paroles et souvenirs; puis trie, agence sa récolte verbale, tisse son histoire et la restitue au public, à l'arrivée de la course :
Michel Le Brigand devant son public en fin de randonnée

"Je cherche des mots pour faire carrière et je m'adresse à tous les granitiers, en toute amitié, bien sûr, pour dire ces mots: Oui, à ce qu'on dit, le tailleur de pierre et la petite reine ont fait bon ménage. il était une fois une course taillée par des granitiers... L'épopée est à sa quarante deuxième édition et fait le tour de la région Ici est sortie l'église de Saint-Carné, ici est sorti du Louvre, le petit Paris, Ici, ils sont partis de rien. (...)" La journée s'achève par une soupe à la carrière des Grandes Landes à Brusvily. Michel Le Brigand a accompagné aussi les randonnées de carrière en carrière et les repas des anciens granitiers.

  • Les "carnets de carrière" de Gildas Chasseboeuf, dessinateur illustrateur

Ils allaient de carrière en carrière, là où il y avait du travail. On les appelaient les trimardeurs. Ils étaient Italiens, Espagnols, Bretons, mais étaient sûrs de trouver du travail qui comme tailleur de pierre, qui comme forgeron, qui comme extracteur.Le Peuple des Carrières veut honorer leur mémoire au travers de son atelier: "Crayons et pinceaux conduiront les participants à des interprétations personnelles et variées des divers chemins qu'ils arpenteront", précise l'artiste animateur.

Gildas Chasseboeuf animera quatre journées dans quatre sites de carrière au Hinglé, à Brusvily, à Languédias, à Bobital, pour réaliser, à travers un travail graphique et écrit une sorte de carnet de voyage. Crayons, pinceaux ou appareils photos servent aux participants à transcrire sur le papier leur cheminement personnel. "On ne va pas simplement dessiner un morceau de granit. On va, en même temps, se demander comment il est arrivé là et quelle est sa destination future."

Gildas Chasseboeuf, dessinateur illustrateur vit et travaille à Saint-Brieuc à l'entrée du port de Légué. Témoin privilégié du lieu, il s'est fait chroniqueur des mouvements des cargos, voiliers, caseyeurs et autres événements qui animent les rives de la baie. A la suite d'un voyage à Tchernobyl, il édite un témoignage sur la vie des habitants vivant aux marges de cette région sinistrée.

  • Granit en poésie, avec Nadine Prado

Tout le monde est un peu poète ! Aucune compétence ni expérience n’est demandée, ouvert à tous niveaux, amateurs et confirmés, pour le plaisir d’écrire ensemble. Les « poètes » travaillent aussi sur la mise en voix des textes . (tous renseignements et inscriptions : 09 53 46 45 82 ou 06 75 97 64 06 ou 06 04 19 17 80)


  • ECRIRE UNE SAGA AVEC UN ECRIVAIN DE RENOMMEE INTERNATIONALE,RICARDO MONTSERRAT

Vous aimez écrire ? Le Peuple des Carrières vous invite à rejoindre le groupe qui a démarré l’écriture d’une saga prenant appui sur la réalité des cultures granitières du bassin de Dinan.

"Coeur de pierre": une saga en granit!

"L'heure est venue d'écrire, de réfléchir ensemble à ce que l'on veut transmettre aux générations futures" rappelle Jacqueline Besret."Nous allons écrire une saga des tailleurs de pierre. Une vraie saga des familles dans le temps avec de l'amour, des guerres. Des familles vont permettre de raconter ce qui s'est passé sur le bassin granitier. Il y a toujours un héritage" explique l'écrivain.Plusieurs ateliers fonctionnent, "chacun va se raconter pour alimenter la grande fiction commune. Très rapidement vont apparaître des personnages, des lignes. Elles vont s'entrecroiser" promet Ricardo Montserrat au début du projet. Effectivement, le saga prend forme autour de l'histoire de deux familles, les Desmoulins et les Laroche, débutée avec la Deuxième Guerre mondiale, riche en accidents, morts, épisode de résistance, histoires d'amour, crise des carrières...Un roman sur les sentimenst, les passions, l'attachement, complété par des interviews de gens qui ont connu ces différents événements. Le montage finale sera assuré par Ricardo Montserrat qui verrait bien "une parution dans un journal, en attendant une édition et une adaptation télévisée. C'est le scénario idéal pour une fiction régionale."
les auteurs entourent Ricardo Montserrat

(Pour tous renseignements :06 04 19 17 80 /06 75 97 64 06 ou besrets@wanadoo.fr)

Ricardo Montserrat ,écrivain de notoriété internationale et demeurant à St Malo ,conduira ce travail avec la population du bassin et les personnes extérieures intéressées.Cette création se nourrira de témoignages déjà collectés, de rencontres ,de documents , d’enquêtes …… Né en 1954 de l’exil en Bretagne d’antifascites catalans, Ricardo Montserrat trouve très tôt dans le théâtre un espace où concilier engagement et liberté. Après avoir passé quelques années au Chili, il poursuit en France l’écriture de son œuvre personnelle et se met au service des exclus de la dictature économique. Il met en chantier des ateliers de création littéraire et dramatique ( avec des chômeurs de Lorient , des rmistes à Châteauneuf du Faou, des demandeurs d’asile en Belgique …) Depuis 2006, il travaille sur la mémoire vivante : les luttes populaires, l’exil, l’engagement…).La matrice du scénario de "Sempre Vivu ", film réalisé par Robin Renucci, est née à la suite d’un atelier d’écriture dirigé par Ricardo Montserrat.

Les CONFIDENCES SONORES[modifier]

Les CONFIDENCES SONORES dirigées par Jean-Louis Le Vallegant, se sont tenues le vendredi 4 février et le samedi 05 février 2011 à la salle des fêtes de Brusvilly., alors que le le Théâtre des jacobins accueillait une exposition photo qui illustrait le travail des granitiers. Grand moment d'émotion et de partage, dans lequel des voix anonymes disaient les témoignages des cariers et de leurs proches.

Affiche expo détaillée-1.jpg

Résidences de sculpteurs[modifier]

Ronan Thébaud et Laetitia Lavieville ont tous deux joints leur talent au projet.
le chantier de Ronan Thébaud

Durant toute l'année 2008, Ronan Thébault a été en résidence à la carière des Grandes Landes de Joël Mauduit, à Brusvily pour y modeler la pierre. Son oeuvre en spirale, qui pèse de 15 à 20 tonnes et mesure plus de trois mètres de diamètre a été inaugurée, devant tous les élus et la population en décembre."Je voulais me situer dans un travail millénaire: celui des monuments mégalitiques, laisser une trace du travail humain, comme une ruine, un vestige. Je voulais au début faire un cercle, puis je l'ai ouvert en spirale, comme un symbole du temps qui passe et qui revient" explique l'artiste. L'oeuvre devrait touver sa place sur l'aire de repos de Brusvily, route de Dinan.

En 2009, la résidence artistique s'installe d'abord dans les établissements André de Languédias, route de Trédias, puis, à leur fermeture, à la carrière d'Eric Hillion au Houx, elle abrite la forge de Laetitia Lavieville.
la femme marteau de Laetitia Lavieville

Le forgeron carrier était le fer de lance de la carrière, il confectionnait les outils, les affûtait, les entretenait. Dans les odeurs mêlées du carbone et du métal en fusion, Laetitia se félicite de la réouverture du site, pour ce projet,après dix-neuf de sommeil et y observe le savoir-faire de René Bittoré, forgeron de la carrière André et de Joseph Le Taconnoux, ferronier d'art à Saint-Lormel.La jeune femme demande ensuite à Marcel Drouet, Marcel Lucas, Louis Le Corvaisier et Joël Le Testu, tous quatre anciens tailleurs de pierre de sculpter une grande enclume de granit, socle duquel elle veut faire jaillir une femme de fer aérienne martelant le granit. Eric Hillion fournit un bloc de 5 tonnes environ, "nous travaillerons souvent à l'ancienne. Ca demandera du temps", explique Louis Le Corvaisier, qui ajoute "le mariage métal et granit est judicieux". De la passion commune de ces tailleur de pierre et de l'artiste, nait, dix mois plus tard, une oeuvre fantastique."Nous voulions qu'en hommage aux ouvriers des carrières, cette sculpture soit placée devant la Maison du Peuple du Hinglé, face à une carrière. Elle symbolise un vrai commencement. C'est le point de départ dune oeuvre qui démarre. On peut faire les souhaits les plus fous, rêver une nouvelle identité du bassin granitier de pays de Dinan", s'enthousiasme le maire Gérard Berhault,lors de son inauguration le 13 décembre.

Et Laetitia de conclure: "J'ai vraiment regardé cette sculpture avec fierté. Elle est belle par son histoire et ses enjeux. ce soir-là, je me suis sentie heureuse d'être artiste."

Laetitia Lavieville a une trentaine d'années. après avoir obtenu une licence d'arts plastiques, elle a voulu se former au travail du métal, et c'est dans une petite entreprise du bassin de Dinan qu'elle a appris les bases du métier: souder et forger. En deux ans de formation en alternance à Ploufragan, elle obtient son CAP. Elle suit les enseignements d'André Rehél qui lui enseigne techniques ancestrales et modernes.

Ateliers Photos[modifier]

En décembre 2008, personne ne peut échaper aux 120 portraits géants collés à travers le bassin granitier par les membres de la Coopé des Arts et du Pain. Ces portaits affichés en format 80 x 120 sont ceux de quatre anciens granitiers immortalisés par Mehdi Farès, photographe professionnel, dans le cadre de l'atelier "portraits-paysages". "L'important c'est de leur expliquer, de leur dire où on veut en venir. "Ce sont des gens qui ont beaucoup de pudeur mais ils se prêtent facilement au jeu" a constaté l'artiste photographe qui crée des portraits très rapprochés où le moindre détail du visage apparaît."On entre dans le portrait comme dans un paysage. Et ces portraits seront réintégrés dans le paysage des carrières".
Mehid Fares explique à Henri Royer, 40 ans dans les carrières, pourquoi il veut lui tirer le portrait

En 2009, le Peuple des carrières lance un appel: "Afin d'aider à la reconstitution de l'histoire du basin granitier, nous recherchons toutes photos, cartes postales ou documents de l'époque." N'hésitez pas à y répondre!

En 2010, le comité propose un concours de photos. (voir plus haut)

Armoires des familles[modifier]

L'atelier -féminin- autour de Stéphanie Cailleau.
"Et si le textile pouvait parler. Si le vêtement pouvait nous raconter le vécu de celui qui l'a porté, les histoires du temps qu'il a traversé..."

Cet atelier de la Coopé des Arts et du Pain, exhume des armoires des vêtements datant de l'épopée du granit dans le bassin de Dinan et les transforme en oeuvres d'art grâce au talent et aux techniques apportées par son animatrice, Stéphanie Cailleau, artiste créatrice en choses textiles. Pantalons, salopettes, vestes reprennent vie ainsi s'ornant de mains de pierres sculptées, de visages d'anciens...L'atelier a découvert aussi des draps de lin et de chanvre de jadis, des chemises en grosse toile qui descendaient plus bas que les genoux. "Nous allons réaliser une oeuvre artistique composée de pièces de vêtements de textile" explique Stéphanie Cailleau. Il s'agit de rendre ces vêtements expressifs de leur vécu. L'atelier a travaillé par exemple sur l'usure qui rappelle la pénibilité du travail dans les carrières. "Il faut rendre visible, sensible, ce vécu de carrières", pour cela, l'artiste partage, explique ses techniques: la teinture végétale, le transfert sur tissu, la dentelle sur papier soluble... et bien d'autres encore! Une dizaine de femmes, certaines épouses d'anciens tailleurs de pierres, travaillent à la réalisation d'une oeuvre collective: transformer un drap d'époque en photorama de la mémoire ouvrière granitière.Leur support sera "un drap qui vient de ma mère qui est né en 1926" raconte Jacqueline Besrets.

L'école à la carrière[modifier]

Depuis le début, le collectif veille à associer les élèves des établissements scolaires du bassin.

une vraie "leçon de chose" avec les anciens

Les écoles primaires du Hinglé, de Bobital, de Brusvilly, de Trébédan et de Plélan-le-Petit ont ainsi découvert, à travers différents ateliers, le site de la carrière des Grandes Landes, travailler leur imaginaire ou traquer l'insolite avec leur appareil photo.Inlassablement, Joël Mauduit, les accueille, explique, répond à leur curiosité. De ces visites naissent des oeuvres graphiques ou écrites, exposées dans les écoles. Les anciens carriers n'hésitent pas à s'inviter ensuite à leur tour dans les classes; ils y apportent des blocs de pierre afin de montrer aux élèves les différents granit: le bleu du Hinglé, le jaune de Languédias, le rose de Perros...Ils proposent aux enfants d'essayer leurs outils pour tailler un bloc, "on commence au pitche pour dégauchir", puis se succèdent la massette, le poinçon, la boucharde...

En février 2009, les élèves de CAP2 de l'EREA participent à leur tour. "Ce sont des maçons. Ils sont donc appelés à travailler la pierre. En même temps ici, au fond de la carrière de Joël Mauduit, ces élèves découvrent la réalité d'une carrière, comment on l'exploite", explique Marc Rousseau, professeur de maçonnerie à l'établissement Régional d'Enseignement Adapté de Taden. Le professeur d'enseignement général, Jacques Roux, est présent également. "J'ai enregistré Joël Mauduit, propriétaire de la carrière ainsi que Marcel Drouet, ancien carrier. A partir de leurs paroles, nous allons faire un travail en classe." Ainsi, ces élèves participent doublement à la sauvegarde de la mémoire ouvrière du bassin granitier: ils réalisent un travail de taille de pierre et une mise en voix des paroles collectées.

A la même époque, un groupe d'élèves du collège Broussais de Dinan, prend en charge la rédaction de cette page à partir des documents fournis par Jacqueline Besrets et Serge Minoc.


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Les Rendez-vous festifs[modifier]

Ils sont nombreux! Repas des granitiers, Goûter des anciens, rallye automobiles, randonnées pédestres,...

C'était une tradition chez les anciens granitiers. Une fois par an, ils se retrouvaient autour d'une table, toujours la veille de l'Ascension. Sur certaines carrières, le patron offrait le repas; sur d'autres non, alors les carriers se préparaient des grillades. Dans sa quête de la vérité sur la mémoire ouvrière du bassin granitier du Pays de Dinan, le Peuple des carrières pérpétue cette tradition et organise, dans l'une ou l'autre des communes concernées, un repas annuel autour d'une tête de veau ou... d'une paëlla, afin d'honorer les nombreux immigrés espagnols venu travailler ici.

Chaque printemps propose sa randonnée "de carrière en carrière"; à l'exemple des trimardeurs de jadis, les participants marchent d'un site à l'autre, pour entretenir la mémoire, guidés par Louis Gontran et Gérard Bignon,les historiens autodidactes de l'aventure ouvrière du bassin granitier, accompagnés selon les années par le collecteur de mots Michel Le Brigand, le dessinateur Gildas Chasseboeuf, ou les conteuses Marie Chiff'Mine et Katell.

En juin 2009 s'élance le "Rallye des carrières"; les véhicules entament un parcours de 36 kilomètres au travers des communes de Bobital, Brusvily, Trébédan, Saint-Carné, Mégrit, Languédias et Le Hinglé, jalonné de 20 questions comportant jeux, rébus, énigmes, objets à rapporter, et de 5 jeux d'adresse ou de "débrouillardise". A l'arrivée, les groupes folkloriques de Vire au Guindeau, Vent de terre et Merry Mélodies, les accueillent avec un pot de l'amitié.

En mars 2009, le Peuple des carrières accueille la chorale "Peuple et chansons" de Brest. Né en 2000, le groupe s'est donné comme unique répertoire les chants ouvriers et révolutionnaires du monde entier, qui ont accompagnés et accompagnent encore les nombreuse luttes menées par les travailleurs. "Dans le bassin granitier, les carriers ont constitué une classe ouvrière importante. Dans les années 20, ils ont diffusé des idées comme grève, lutte syndicale, coopérative ouvrière, des mots inconnus alors dans un monde exclusivement agricole" rappelle Jacqueline Besrets.

Les Rendez-vous officiels[modifier]

Participation aux "Journées du Patrimoine"", à des colloques...

La Coopé du Pain et des Arts profite des journés officielles de découverte du patrimoine pour ouvrir les carrières aux visiteurs, les anciens carriers, avec leurs 40 ans de carrière derrière eux, sont tous là, prêts à retaper le caillou ou à appendre les rudiments du métier à des néophytes.

L'avenir des carrières Le samedi 12 décembre 2009, se sont tenues "les Parleries des Roches", le grand rendez-vous de ceux qui sont intéressés par l'avenir des carrières. Débats et expositions se sont déroulés à la Maison du Louvre de Bobital. Le paysage du sud du Pays de Dinan est composé de ces trous béants encore en activité ou non mais qui connurent tous la glorieuse épopée du granit à l'époque, pas si lointaine, où des centaines d'ouvriers, souvent venus d'ailleurs, descendaient y travailler. "Aux Parleries, on se réunit entre citoyens: habitants, élus, professionnels pour chercher ensemble comment investir dans ces trous béants souvent trous de mémoire" explique Michel Guyomard du GFEN. "Le premier enjeu est que ce soit un débat ouvert à tous, que ce ne soit pas un débat de spécialistes. C'est aussi une opération tournée vers les élus. Au centre du débat: la question environnementale.Que faire de ces carrières en friche aujourd'hui?" Le travail du Peuple des Carrières ne peut s'achever sur la publication du livre promis pour 2010, il va falloir valoriser une ou plusieusr carrières. Sous quelle forme?

Programme des Parleries des Roches, sous la présidence de M. de La Mettrie de la Fondation du Patrimoine Ouverture de la journée par jacqueline Besrets, du Peuple des Carrières, accueil par Denis Riaux, maire de Bobital, allocution de René Benoît, président de la CODI. Intervention sur "l'industrie de la pierre en Bretagne" avec Jean-martie Begog, président du syndicat des granitiers; le Bar des imaginaires animé par Michel Guyomard; "Le granit: une culture, un projet, un livre" avec Louis Gontran; "Acquérir, protéger, faire vivre un site" avec André Calistri, conseiller général, Daniel Maillard, responsable du service Randonnées et Espaces naturels au Conseil Général, Jean-Louis Rucet, vice-président de la CODI et président de la Maison de la Rance; Bar des imaginaires "Réinvestir dans les carrières- Quand la fiction réenchante les lieux",; "Carrières et vie ouvrière" avec Alain prigent; table ronde avec les élus du Bassin Granitier; synthèse de la journée avec Gérard Alle, journaliste et écrivain; allocution de clôture de Yann Le Guiffant, vice-président de la CODI chargé de la culture.

La Peuple des carrières est inscrit au colloque "intergénérationalité" dans la projet "Côtes d'Armor 2020", sur le thème: "Identité identitaire en Côtes d'Armor".


QUELQUES PAGES D'HISTOIRES[modifier]

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Une mémoire de taille

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A 17 ans, Constant Boyer est embauché à la carrière Rioche. Il y restera 25 ans avant de travailler à la Pyrie pendant 18 ans. Toujours au même poste : à la forge après 5 mois d’apprentissage ; Là, il prépare les outillages de ses compagnons de carrière, les outils pour l’extraction de la pierre, pour la taille, pour le fendage. « Chaque ouvrier consommait pas moins de 12 poinçons par jour » se souvient-il. A la maison, il y avait 8 enfants, il fallait aller vite au travail. « A l'époque le travail était dur: on travaillait 9h par jour, 45 heures par semaine. Il ne s'agissait pas d'aimer on de ne pas aimer son travail. Il s'agissait de gagner de quoi nourrir sa famille."Il ingurgitait alors une quinzaine de cachets d’aspirine par jour à cause des maux de tête provoqués par les gaz du charbon, le bruit des enclumes, la poussière de la pierre.

A 80 ans, il rallume sa forge, « pour que la mémoire ne se perde pas. »Philippe Violanti, scénographe, a enregistré les bruits de la forge, les paroles de l’ouvrier afin qu’elles résonnent encore longtemps dans la salle dédiée au granit de la Maison de la Rance.

Constant Boyer a fêté ses 80 ans en 2008, à cette occasion, Françoise Langlais, membre du Peuple des Carrières, lui a rendu hommage. « 8 octobre 2008…80 ans… un homme « de granit » sur lequel les difficultés de la vie ont apparemment glissé tant il garde le sourire et les yeux d’un jeune homme auquel l’expérience a donné la sagesse. C’est lui qui a modelé sa vie comme sa main a modelé le manche en buis de son marteau. En somme, la résistance du granit bleu du Hinglé, la malléabilité du buis, la discrétion et la modestie du vrai courage, il a tout cela et bien plus, ce monsieur Constant auquel nous souhaitons un joyeux anniversaire ! Qu’il soit assuré de notre affection, de notre amitié, de notre respect. »

Parcours de mots en souvenirs

« Comme ils le disent si bien, ils nous laissent en héritage un patrimoine culturel qui constitue une identité qu'il faut préserver. »Jacqueline Besrets

"les collectes permettent de rappeler quelles étaient les conditions de travail des ouvriers. On cherche à savoir comment ils transformaient la pierre en pain" Jacqueline

Henri, 70 ans, 20 ans tailleur de pierre, 20 ans contremaître: "Y avait du bon, du moins bon. Mais ça nous faisait gagner notre pain. C'était dur, mais la dureté du travail ne fait pas mourir."

Madeleine : son mari a fait 45 années de taille de pierre ("fendu à contre fil") "Ma machine à coudre a connu plus de bleus que de dentelles !" "C'était plus solide quand le bleu était rapiécé et c'était plus confortable." se souvient un ancien carrier.

Un voisin de la carrière Rioche: "Il y avait à l'époque 150 carriers qui tapaient la pierre. C’était comme une musique. C'était modulé, rythmé."

Marcel Drouet , au début de sa carrière, "on transportait le bloc sur une civière qu'il fallait porter à deux, quatre ou six et parfois huit si c'était lourd" sur certaines carrières, les tailleurs travaillaient dans le fond de la carrière dès que le bloc était fendu.

Joël Mauduit: "Quand j'ai commencé à 16 ans, on démarrait le lundi à six heures trente et on terminait le samedi à 19 heures.

Louis, carrier 61 ans "On était très soudés. Il y avait une mentalité ouvrière, une ambiance qui permettait de résister;" Marcel 78 ans, dont 44 consacrés à la taille des pierres s'indigne : "On devait payer le manche des outils, et il n'y avait pas de protection. Si quelqu'un se blessait, pas de pansement, on mettait du sable. de la poussière de granit."

Et la devinette de Louis Lecorvaisier aux enfants de Ttrébédan: « Aimeriez-vous être une pierre? On tape dessus, on la taille... mais on l'admire! »

Souvenirs des temps d’avant

"Dans la bassin granitier, les carriers ont constitué une classe ouvrière importante. Dans les années 1920, ils ont diffusé des idées comme grève, lutte syndicale, coopérative ouvrière, des mots inconnus alors dans un monde exclusivement agricole." Jacqueline Besrets rappelle les grandes grèves à La Pyrie en 1926. La carrière connait alors une grande grève de 5 mois. Des piquets de grève ferment l’entrée de la carrière. Des ouvriers, pour survivre à un conflit aussi long, vont travailler ailleurs. Le site de la Coopé a été ouvert à cette époque, il fournira de quoi construire la "Maison du Peuple"


Gérard Bignon: "La carrière des Grandes Landes est la plus ancienne de Brusvily. Elle a environ 150 ans. La période d'activité la plus intense se situe entre 1950 et 1980. Il y avait à l'époque 80 ouvriers; aujourd'hui, il n’en reste plus que 5."De 1950 à 1965, l'activité intense était due principalement à la reconstruction d'après guerre puis, à partir de 1965/1970, c'est l'explosion de la construction de pavillons individuels qui a soutenu l'activité. Mais là encore là encore, c'est du passé, aujourd'hui, l'activité principale de la carrière des Grandes Landes concerne principalement la voirie: pavés, bordures, etc...

Louis Gontran : se souvient de l’origine de la "Maison du peuple" du Hingé ; « La décision de la construction de ce foyer pour les travailleurs des carrières a été prise par le syndicat des ouvriers en 1933. Un accord de gré à gré avec un maçon fut pris: celui-ci travaillait lorsque le syndicat pouvait le payer. La Maison du peuple fut inaugurée le 1 mai 1936.»


Et, bien plus tôt, en Bretagne…..Sur le site néolithique de Quelfenec à Plussulien, il ya 2000 ans, un autre peuple commençait à tailler la pierre pour en faire des outils; "Ces pierres taillées, polies, sont un des plus vieux témoignages d'activité économique organisée que l'on connaisse en Europe; les haches furent exportées très loin! La taille, le bouchardage, le polissage n'avaient pas de secret pour ces hommes du néolithique " s’enthousiasme Jacqueline Besrets, « ces outils ont servi aux paysans défricheurs de l'époque. Il faudra attendre la découverte du bronze et du fer pour passer à une autre étape: la fabrication d'outillage métallique. »


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GROS PLANS SUR...LES PERMANENTS DE L'ASSOCIATION[modifier]

Gérard Bignon, l'un des passionnés

Remerciements[modifier]

Merci aux membres de l'assocation pour leur enthousiasme et leur disponibilité, à Serge Minoc, correspondant de presse pour le Petit Bleu du Pays de Dinan et Ouest-France, pour avoir mis à notre disposition ses reportages, textes et photos. collectif élèves collège Broussais Dinan