La lutte contre la tuberculose : Différence entre versions

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L’Institut Pasteur créé en XXX va devenir le centre de recherche contre les maladies infectieuses. En Allemagne également des recherches sont menées notamment par le docteur Robert Koch (1848-1910) qui dans les années 1880 identifie le bacille (bacille de Koch) cause de la maladie, dénombre ses modes de transmission.la maladie se manifeste par l’apparition de tubercules dans l’organisme créés par un microbe, le bacille de la tuberculose découvert le 24 mars 1882 par le docteur Koch.
 
L’Institut Pasteur créé en XXX va devenir le centre de recherche contre les maladies infectieuses. En Allemagne également des recherches sont menées notamment par le docteur Robert Koch (1848-1910) qui dans les années 1880 identifie le bacille (bacille de Koch) cause de la maladie, dénombre ses modes de transmission.la maladie se manifeste par l’apparition de tubercules dans l’organisme créés par un microbe, le bacille de la tuberculose découvert le 24 mars 1882 par le docteur Koch.
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'''Le docteur Robert Koch'''
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Les remèdes à la maladie sont de plusieurs ordres ; la médication, l’alimentation, la cure d’air et le repos. Au début du XX° siècle on utilise l’arsenic et les arsenicaux, le tannin, l’urée. En matière d’alimentation le docteur  préconise de suralimenter le malade en variant les aliments, en mangeant de la viande crue. La cure d’air, à la campagne, à la montagne, à la mer en prenant soin de faire cracher le tuberculeux dans des crachoirs de poche ou dans des vases pleins d’eau, sinon … Enfin il s’agit de créer des sanatoriums ; le coût est élevé et l’argent public rare. A cette époque les assurances sociales n’existent pas. Certains préconisent la création de Caisses d’assurances mutuelles contre la maladie, de caisse de retraite et d’invalidité. En 1904 le ministre de l’Intérieur demande aux préfets que l’on isole les tuberculeux dans des hôpitaux spéciaux afin d’éviter la contamination des autres malades et du personnel hospitalier. Le sanatorium, l’hôpital marin, les dispensaires, les œuvres antituberculeuses vont voir le jour progressivement au cours des vingt années suivantes.
 
Les remèdes à la maladie sont de plusieurs ordres ; la médication, l’alimentation, la cure d’air et le repos. Au début du XX° siècle on utilise l’arsenic et les arsenicaux, le tannin, l’urée. En matière d’alimentation le docteur  préconise de suralimenter le malade en variant les aliments, en mangeant de la viande crue. La cure d’air, à la campagne, à la montagne, à la mer en prenant soin de faire cracher le tuberculeux dans des crachoirs de poche ou dans des vases pleins d’eau, sinon … Enfin il s’agit de créer des sanatoriums ; le coût est élevé et l’argent public rare. A cette époque les assurances sociales n’existent pas. Certains préconisent la création de Caisses d’assurances mutuelles contre la maladie, de caisse de retraite et d’invalidité. En 1904 le ministre de l’Intérieur demande aux préfets que l’on isole les tuberculeux dans des hôpitaux spéciaux afin d’éviter la contamination des autres malades et du personnel hospitalier. Le sanatorium, l’hôpital marin, les dispensaires, les œuvres antituberculeuses vont voir le jour progressivement au cours des vingt années suivantes.
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Il s’agit en effet de lancer un véritable plan de propagande et d’éducation contre la tuberculose. Il faut favoriser la désinfection totale de tous les objets tuberculosés ainsi que le linge. La création de dispensaires s’amorce en 1900 avec un premier établissement au 28, rue Saint-Lazare à Paris, puis l’Œuvre générale des dispensaires antituberculeux en créé huit autres dans des quartiers populaires de la capitale. Ces établissement très simples sont installés dans des locaux vacants, loués et ne nécessitent donc pas d’investissements importants. Il est avéré que les consultations, les conseils, les soins prodigués ont permis de faire baisser la mortalité par tuberculose comme le montre les chiffres du quartier de Clignancourt en trois ans (150 décès en moins sur trois ans).
 
Il s’agit en effet de lancer un véritable plan de propagande et d’éducation contre la tuberculose. Il faut favoriser la désinfection totale de tous les objets tuberculosés ainsi que le linge. La création de dispensaires s’amorce en 1900 avec un premier établissement au 28, rue Saint-Lazare à Paris, puis l’Œuvre générale des dispensaires antituberculeux en créé huit autres dans des quartiers populaires de la capitale. Ces établissement très simples sont installés dans des locaux vacants, loués et ne nécessitent donc pas d’investissements importants. Il est avéré que les consultations, les conseils, les soins prodigués ont permis de faire baisser la mortalité par tuberculose comme le montre les chiffres du quartier de Clignancourt en trois ans (150 décès en moins sur trois ans).
 
Dans le nord de la France Calmette créé également en 1901 des dispensaires d’un autre type, le premier à Lille. L’objectif est la prévention de la maladie, l’éducation antituberculeuse plus que son traitement. Le dispensaire comporte un laboratoire bactériologique, une étuve pour désinfecter du linge, une buanderie pour blanchir le linge désinfecté. Cela nécessite des locaux adaptés, mais avec le prix d’un sanatorium il est possible de construire trente dispensaires de ce type à l’efficacité plus avérée.
 
Dans le nord de la France Calmette créé également en 1901 des dispensaires d’un autre type, le premier à Lille. L’objectif est la prévention de la maladie, l’éducation antituberculeuse plus que son traitement. Le dispensaire comporte un laboratoire bactériologique, une étuve pour désinfecter du linge, une buanderie pour blanchir le linge désinfecté. Cela nécessite des locaux adaptés, mais avec le prix d’un sanatorium il est possible de construire trente dispensaires de ce type à l’efficacité plus avérée.
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'''Le docteur Calmette'''
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L’installation de crachoirs, l’interdiction de cracher par terre font également partie des mesures préconisées afin de réduire la propagation de la maladie dans les entreprises, sur les lieux publics. En fin la résorption de l’habitat insalubre est également préconisée par la construction d’habitation à bon marché (H.B.M). Des médecins inspecteurs du travail sont  également envisagés (16 dans un premier temps au plan national) afin de visiter les entreprises.
 
L’installation de crachoirs, l’interdiction de cracher par terre font également partie des mesures préconisées afin de réduire la propagation de la maladie dans les entreprises, sur les lieux publics. En fin la résorption de l’habitat insalubre est également préconisée par la construction d’habitation à bon marché (H.B.M). Des médecins inspecteurs du travail sont  également envisagés (16 dans un premier temps au plan national) afin de visiter les entreprises.
 
En 1900 est créée une Société de préservation contre la tuberculose par l’éducation populaire afin de répandre dans le public les mesures d’hygiène préventive, individuelles et collectives. Elle diffuse des brochures, des affiches, des cartes postales. Une autre œuvre, l’Oeuvre de la protection de l’enfance contre la tuberculose se charge de placer des enfants de parents tuberculeux à la campagne, est créée en 1902. La création des Jardins ouvriers contribue également à mettre le peuple au bon air, ainsi que l’Œuvre des colonies de vacances, idée venant d’Allemagne qui en 171 au début du XX° siècle. Il existe également des demi-colonies de vacances où les enfants passent seulement des après-midi et rentrent le soir chez eux. Une cinquantaine de colonies de vacances existent en France en ce début de siècle.
 
En 1900 est créée une Société de préservation contre la tuberculose par l’éducation populaire afin de répandre dans le public les mesures d’hygiène préventive, individuelles et collectives. Elle diffuse des brochures, des affiches, des cartes postales. Une autre œuvre, l’Oeuvre de la protection de l’enfance contre la tuberculose se charge de placer des enfants de parents tuberculeux à la campagne, est créée en 1902. La création des Jardins ouvriers contribue également à mettre le peuple au bon air, ainsi que l’Œuvre des colonies de vacances, idée venant d’Allemagne qui en 171 au début du XX° siècle. Il existe également des demi-colonies de vacances où les enfants passent seulement des après-midi et rentrent le soir chez eux. Une cinquantaine de colonies de vacances existent en France en ce début de siècle.
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Ces démarches menées dans diverses régions aboutissent à la création de la fédération antituberculeuse française, unissant 38 œuvres privées. L’Alliance de l’hygiène sociale voit le jour dans le prolongement de ces initiatives en  juin 1904, elle regroupe toutes les fédérations et associations luttant en faveur de la santé publique en général. ; Elle est présidée par Casimir –Perier, comprend notamment dans son conseil d’administration le docteur Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, M. Poincarré, sénateur, etc. Des comités régionaux sont également formés.
 
Ces démarches menées dans diverses régions aboutissent à la création de la fédération antituberculeuse française, unissant 38 œuvres privées. L’Alliance de l’hygiène sociale voit le jour dans le prolongement de ces initiatives en  juin 1904, elle regroupe toutes les fédérations et associations luttant en faveur de la santé publique en général. ; Elle est présidée par Casimir –Perier, comprend notamment dans son conseil d’administration le docteur Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, M. Poincarré, sénateur, etc. Des comités régionaux sont également formés.
  
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En 1921 un vaccin contre la tuberculose est mis au point à partir d’un bacille bovin par les médecins Albert Calmette (1863-1933), et Camille Guérin (1872-1961), le bacille de Calmette et Guérin, le fameux B.C.G est né et va devenir l’un des principaux instruments de lutte contre la maladie sur la planète entière. Le vaccin confère une immunité active à l’organisme humain, d’où l’intérêt d’une vaccination dès le plus jeune âge. Elle va devenir obligatoire dans la plupart des pays occidentaux.
 
En 1921 un vaccin contre la tuberculose est mis au point à partir d’un bacille bovin par les médecins Albert Calmette (1863-1933), et Camille Guérin (1872-1961), le bacille de Calmette et Guérin, le fameux B.C.G est né et va devenir l’un des principaux instruments de lutte contre la maladie sur la planète entière. Le vaccin confère une immunité active à l’organisme humain, d’où l’intérêt d’une vaccination dès le plus jeune âge. Elle va devenir obligatoire dans la plupart des pays occidentaux.
  
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'''Le docteur Camille Guérin'''
  
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En 1916 la loi Bourgeois du 15 avril préconise la création de dispensaire d’hygiène sociale. Léon Bourgeois recevra la prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action en faveur de la création de la Société des Nations dont il fut le premier président en 1919.
 
En 1916 la loi Bourgeois du 15 avril préconise la création de dispensaire d’hygiène sociale. Léon Bourgeois recevra la prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action en faveur de la création de la Société des Nations dont il fut le premier président en 1919.
 
En avril 1916 il est envisagé de créer un sanatorium marin pour les militaires tuberculeux réformés. Il aurait pu s’installer près de la plage de la Grandville à Hillion dans des baraques en bois.
 
En avril 1916 il est envisagé de créer un sanatorium marin pour les militaires tuberculeux réformés. Il aurait pu s’installer près de la plage de la Grandville à Hillion dans des baraques en bois.
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Trois ans plus tard la loi proposée par le député des Basses-Alpes André Honnorat vise à créer des sanatoriums. La loi prévoit de laisser l’initiative privée se charger de la construction de ces établissements, dans le cas contraire ce sont les Conseils généraux qui se voient attribuer la compétence. L’état s’engage à financer les projets à hauteur de 50 % au maximum avec de plus la possibilité pour les collectivités de disposer d’emprunts à taux réduits. Il est fixé un délai de cinq ans pour que chaque département se dote d’au moins un sanatorium, délai qui sera prorogé à dix ans par la suite.  
 
Trois ans plus tard la loi proposée par le député des Basses-Alpes André Honnorat vise à créer des sanatoriums. La loi prévoit de laisser l’initiative privée se charger de la construction de ces établissements, dans le cas contraire ce sont les Conseils généraux qui se voient attribuer la compétence. L’état s’engage à financer les projets à hauteur de 50 % au maximum avec de plus la possibilité pour les collectivités de disposer d’emprunts à taux réduits. Il est fixé un délai de cinq ans pour que chaque département se dote d’au moins un sanatorium, délai qui sera prorogé à dix ans par la suite.  
 
Cet homme politique avait déjà à plusieurs reprises fait voter des textes  en faveur du traitement de la tuberculose notamment parmi les militaires, notamment les stations sanitaires destinées à recevoir les soldats tuberculeux avant leur retour dans leur foyer afin d’éviter la contagion  des proches.
 
Cet homme politique avait déjà à plusieurs reprises fait voter des textes  en faveur du traitement de la tuberculose notamment parmi les militaires, notamment les stations sanitaires destinées à recevoir les soldats tuberculeux avant leur retour dans leur foyer afin d’éviter la contagion  des proches.
 
[[catégorie:Le Centre Hélio-marin de Saint-Laurent-de-la-Mer à Plérin et la lutte contre la tuberculose dans les Côtes-du-Nord]]
 
[[catégorie:Le Centre Hélio-marin de Saint-Laurent-de-la-Mer à Plérin et la lutte contre la tuberculose dans les Côtes-du-Nord]]

Version actuelle en date du 26 juillet 2013 à 10:32

La Bretagne est plus particulièrement touchée par la tuberculose. Les conseils de révision permettent aux autorités de déceler chez les jeunes hommes un taux de malades plus élevé que la moyenne nationale ; il en est de même pour les causes de mortalité. Les raisons sont connues, un manque d’hygiène dans les habitations, un niveau de vie moins élevé, une humidité ambiante, l’alcoolisme et dans les fermes la proximité avec le cheptel qui parfois véhicule également la maladie.

Un premier sanatorium est créé en Bretagne en 1901 à Roscoff par la marquise de Kergariou. De 40 lits il passe à 200 lits en 1917 . Celui de Pen-Bron face au Croisic, dénommé hôpital marin est terminé en 1907.

La maladie

Au début du XX° siècle, la tuberculose tue en France 150 000 personnes par an et en atteint 7 à 800 000 ; à Paris il meurt 12 à 13 000 personnes annuellement. Le taux de mortalité est plus élevé dans les grandes villes (41,3 pour 10 000 habitants dans les villes de plus de 50 000 habitants, 24,5 dans les villes de moins de 5 000 habitants.) et dans la population agglomérée par rapport à la population totale d’une commune. La maladie atteint plus les hommes que les femmes et le maximum de mortalité se situe entre vingt en trente ans. A noter également un fort taux de contagion conjugale. Dans l’armée les pertes dues à la tuberculose sont élevées en ces temps de paix : 5, 48 pour mille en 1888, 9,48 % dix ans plus tard. Avec des taux encore plus élevés dans les corps d’armée de l’Ouest (10,88 dans celui de Rennes, 13,80 pour celui du Mans) ; à Brest, l’hôpital de la marine enregistre en dix-sept ans (1880-1897) 501 décès dus à la tuberculose sur un total de 1119. Dans les régions minières les taux de mortalité sont également élevés mais paradoxalement la maladie touche moins les mineurs de fond. A cela des exigences d’hygiène, les logements salubres… dans des villes certains logements n’ont plus d’ouvertures pour éviter de payer l’impôt des portes et fenêtres. La surpopulation dans certains quartiers contribue également à la propagation de la maladie. Et elle touche plus particulièrement les provinciaux émigrés dans la capitale qui seraient deux plus touchés que les Parisiens de longue date. Dans ses leçons à la faculté de médecine de Paris en 1904 le docteur Louis Rénon explique que « la tuberculose est là où est le peuple. » la maladie est plus répandue, là où la population est plus dense, là encore où sévit l’alcoolisme, comme en Bretagne, par exemple… l’alcoolisme est un des plus grands facteurs de la tuberculose. Mais c’est la contagion qui en est la cause primordiale ; la contagion par les crachats secs ou par leurs parcelles humides est banale dans les ateliers, les bureaux, dans l’armée, partout. Il faut donc lutter contre les éléments qui favorisent la contagion et les mauvaises conditions de vie pour diminuer les risques tuberculeux dans la population. Des sanatoriums ont déjà été créés ici où là, des dispensaires comme à Lille à l’initiative du docteur Calmette. Il faut faire la guerre au crachat, dans les rues, dans les transports en commun, etc. C’est une véritable croisade qu’il convient de mener contre cette maladie populaire, maladie qui décime le peuple.

Le fleau la tuberculose.jpg

Les progrès contre la maladie

Les recherches menées dans la seconde moitié du XIX° siècle, notamment par Pasteur, montrent l’existence de maladies contagieuses et permettent d’analyser les modes de propagation au sein de la population. Déjà au début du siècle Laënnec avait découvert la présence de ces corps isolés lors d’auscultation. Un autre médecin français, Villemain avait découvert l’inoculabilité de la tuberculose. Le bacille envahit le sang, le tube digestif, l’appareil respiratoire, forme des abcès qui détruisent les tissus, créent des fistules tuberculeuses ou se situent dans des ganglions … La maladie prend chez l’individu par les voies respiratoires, les voies digestives et la voie cutanée. Elle se répand par la contagion entre les individus atteints et la population saine notamment du fait des rejets de bacilles, c’est le cas plus particulièrement des contaminations pulmonaires lors de crachats des malades. Les bacilles sèchent, se mêlent à la poussière et trouvent ainsi un moyen de propagation facile dans les habitations, dans les rues. Les vaches pouvant également être atteintes, le lait peut ainsi devenir un vecteur de propagation de la tuberculose.

L’Institut Pasteur créé en XXX va devenir le centre de recherche contre les maladies infectieuses. En Allemagne également des recherches sont menées notamment par le docteur Robert Koch (1848-1910) qui dans les années 1880 identifie le bacille (bacille de Koch) cause de la maladie, dénombre ses modes de transmission.la maladie se manifeste par l’apparition de tubercules dans l’organisme créés par un microbe, le bacille de la tuberculose découvert le 24 mars 1882 par le docteur Koch.

Le docteur Robert Koch

200px-Robert Koch.jpg

Les remèdes à la maladie sont de plusieurs ordres ; la médication, l’alimentation, la cure d’air et le repos. Au début du XX° siècle on utilise l’arsenic et les arsenicaux, le tannin, l’urée. En matière d’alimentation le docteur préconise de suralimenter le malade en variant les aliments, en mangeant de la viande crue. La cure d’air, à la campagne, à la montagne, à la mer en prenant soin de faire cracher le tuberculeux dans des crachoirs de poche ou dans des vases pleins d’eau, sinon … Enfin il s’agit de créer des sanatoriums ; le coût est élevé et l’argent public rare. A cette époque les assurances sociales n’existent pas. Certains préconisent la création de Caisses d’assurances mutuelles contre la maladie, de caisse de retraite et d’invalidité. En 1904 le ministre de l’Intérieur demande aux préfets que l’on isole les tuberculeux dans des hôpitaux spéciaux afin d’éviter la contamination des autres malades et du personnel hospitalier. Le sanatorium, l’hôpital marin, les dispensaires, les œuvres antituberculeuses vont voir le jour progressivement au cours des vingt années suivantes.

Il s’agit en effet de lancer un véritable plan de propagande et d’éducation contre la tuberculose. Il faut favoriser la désinfection totale de tous les objets tuberculosés ainsi que le linge. La création de dispensaires s’amorce en 1900 avec un premier établissement au 28, rue Saint-Lazare à Paris, puis l’Œuvre générale des dispensaires antituberculeux en créé huit autres dans des quartiers populaires de la capitale. Ces établissement très simples sont installés dans des locaux vacants, loués et ne nécessitent donc pas d’investissements importants. Il est avéré que les consultations, les conseils, les soins prodigués ont permis de faire baisser la mortalité par tuberculose comme le montre les chiffres du quartier de Clignancourt en trois ans (150 décès en moins sur trois ans). Dans le nord de la France Calmette créé également en 1901 des dispensaires d’un autre type, le premier à Lille. L’objectif est la prévention de la maladie, l’éducation antituberculeuse plus que son traitement. Le dispensaire comporte un laboratoire bactériologique, une étuve pour désinfecter du linge, une buanderie pour blanchir le linge désinfecté. Cela nécessite des locaux adaptés, mais avec le prix d’un sanatorium il est possible de construire trente dispensaires de ce type à l’efficacité plus avérée.

Le docteur Calmette

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L’installation de crachoirs, l’interdiction de cracher par terre font également partie des mesures préconisées afin de réduire la propagation de la maladie dans les entreprises, sur les lieux publics. En fin la résorption de l’habitat insalubre est également préconisée par la construction d’habitation à bon marché (H.B.M). Des médecins inspecteurs du travail sont également envisagés (16 dans un premier temps au plan national) afin de visiter les entreprises. En 1900 est créée une Société de préservation contre la tuberculose par l’éducation populaire afin de répandre dans le public les mesures d’hygiène préventive, individuelles et collectives. Elle diffuse des brochures, des affiches, des cartes postales. Une autre œuvre, l’Oeuvre de la protection de l’enfance contre la tuberculose se charge de placer des enfants de parents tuberculeux à la campagne, est créée en 1902. La création des Jardins ouvriers contribue également à mettre le peuple au bon air, ainsi que l’Œuvre des colonies de vacances, idée venant d’Allemagne qui en 171 au début du XX° siècle. Il existe également des demi-colonies de vacances où les enfants passent seulement des après-midi et rentrent le soir chez eux. Une cinquantaine de colonies de vacances existent en France en ce début de siècle. La lutte contre la maladie prend un caractère international avec des congrès ; en 1905 le Congrès international se tient à Paris, un bureau central siège entre deux congrès et comprend des représentants de 21 pays dont 37 Français. Ces démarches menées dans diverses régions aboutissent à la création de la fédération antituberculeuse française, unissant 38 œuvres privées. L’Alliance de l’hygiène sociale voit le jour dans le prolongement de ces initiatives en juin 1904, elle regroupe toutes les fédérations et associations luttant en faveur de la santé publique en général. ; Elle est présidée par Casimir –Perier, comprend notamment dans son conseil d’administration le docteur Calmette, directeur de l’Institut Pasteur de Lille, M. Poincarré, sénateur, etc. Des comités régionaux sont également formés.

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En 1921 un vaccin contre la tuberculose est mis au point à partir d’un bacille bovin par les médecins Albert Calmette (1863-1933), et Camille Guérin (1872-1961), le bacille de Calmette et Guérin, le fameux B.C.G est né et va devenir l’un des principaux instruments de lutte contre la maladie sur la planète entière. Le vaccin confère une immunité active à l’organisme humain, d’où l’intérêt d’une vaccination dès le plus jeune âge. Elle va devenir obligatoire dans la plupart des pays occidentaux.

Le docteur Camille Guérin

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Durant la guerre 1914-1918 la mise en place d’un premier dispositif de prévention

En 1915 est lancée une opération d’assistance aux militaires tuberculeux avant le retour dans leur foyer. Un comité d’assistance aux militaires est crée dans chaque département. Il faut mettre en place des structures d’accueil ; 6 500 lits dont 2 500 dans les hôpitaux, les autres dans des stations sanitaires réparties sur tout le territoire, loin du front. En 1916 la loi Bourgeois du 15 avril préconise la création de dispensaire d’hygiène sociale. Léon Bourgeois recevra la prix Nobel de la Paix en 1920 pour son action en faveur de la création de la Société des Nations dont il fut le premier président en 1919. En avril 1916 il est envisagé de créer un sanatorium marin pour les militaires tuberculeux réformés. Il aurait pu s’installer près de la plage de la Grandville à Hillion dans des baraques en bois.

Macaron 14 18 militaire.jpg Macaron 14 18 militaire verso.jpg


Trois ans plus tard la loi proposée par le député des Basses-Alpes André Honnorat vise à créer des sanatoriums. La loi prévoit de laisser l’initiative privée se charger de la construction de ces établissements, dans le cas contraire ce sont les Conseils généraux qui se voient attribuer la compétence. L’état s’engage à financer les projets à hauteur de 50 % au maximum avec de plus la possibilité pour les collectivités de disposer d’emprunts à taux réduits. Il est fixé un délai de cinq ans pour que chaque département se dote d’au moins un sanatorium, délai qui sera prorogé à dix ans par la suite. Cet homme politique avait déjà à plusieurs reprises fait voter des textes en faveur du traitement de la tuberculose notamment parmi les militaires, notamment les stations sanitaires destinées à recevoir les soldats tuberculeux avant leur retour dans leur foyer afin d’éviter la contagion des proches.