La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest

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La Compagnie des chemins de fer de l'Ouest (CF de l'Ouest), également connue sous le nom de L'Ouest ou Ouest, était une compagnie ferroviaire en France.

Revenons quelques instants sur cette compagnie ! Le développement des chemins de fer en France s’est effectué grâce à des sociétés privées. La Compagnie de chemin de fer de Paris à Saint-Germain est créée en 1835 par les frères Pereire. Ils innovent en mettant en circulation des trains pour voyageurs entre Paris et Le Pecq (près de Saint-Germain en Laye) en 1837 qui rencontrent rapidement un grand succès. Dès lors, d’autres compagnies sont fondées sur le même modèle avec pour ambition de construire et exploiter des lignes ferroviaires. La Compagnie du chemin de fer de l’Ouest est constituée en 1850, elle achète les petites compagnies desservant Versailles et Saint-Germain. La Compagnie de l’Ouest récupère ainsi la gare du Maine sur la rive gauche de la Seine à Paris, le point de départ des lignes de la Compagnie vers la province. Elle deviendra quelques années plus tard la gare Maine-Montparnasse. La Compagnie prolonge ces lignes vers l’Ouest de la France et notamment en direction de la Bretagne (Chartres en 1853, Le Mans 1854, puis Laval en 1855.) En avril 1855 la Compagnie du chemin de fer de l’Ouest absorbe à nouveau des compagnies desservant la Normandie (Compagnie de Paris à Rouen, Compagnie de Rouen au Havre, de Paris à Caen.) Ses actionnaires principaux en sont les frères Pereire et le banquier Lafitte. Cette concentration des réseaux ferroviaires entre quelques compagnies résulte d’une volonté politique forte de la part du gouvernement de l’époque sous le Second Empire et permet de créer de véritables réseaux en ne gardant en France que six compagnies. Ainsi naît la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest au capital de 150 millions de francs disposant d’un réseau situé dans un espace ayant pour sommet Paris et points d’extrémité Le Havre (déjà desservi) et Brest (à desservir). Elle dispose de 1779 kilomètres de lignes concédées par l’État dont 950 sont alors en exploitation, 258 en cours de construction et 571 à construire. Le siège de la compagnie est situé au 121 Rue Saint-Lazare à Paris (Siège actuel de la S.N.C.F.).


L’idée des promoteurs de cette compagnie, les frères Pereire consiste à proposer en 1836 des actions à bas prix, soit 500 francs l’unité alors que les us et coutumes voulaient qu’elles soient proposées jusqu’alors par d’autres « investisseurs » à 5 000 francs. Cette stratégie permet de multiplier le nombre d’acheteurs potentiels, de rassembler encore plus de capitaux et de toucher toutes les couches de la bourgeoisie, voire les couches moyennes de la société française. En 1851, en proposent des obligations ferroviaires également à 500 francs, avec des revenus garantis, fixes, faibles mais assurés les frères Pereire peuvent ainsi mobiliser des emprunts à long terme destinés au financement des travaux de construction des lignes de chemins de fer. Cette politique, activement soutenue par l’État, permet de développer les réseaux en faisant appel aux marchés financiers, aux épargnants avec tous les risques que cela comporte en cas de retournement de situation.

Dans le cadre des concessions qu’elle obtient de l’État les années suivantes, la compagnie s’engage à construire les lignes vers Cherbourg, Saint-Lô, Granville. En Bretagne elle doit construire dans un premier temps les grandes lignes : Rennes à Brest, Rennes à Saint-Malo, Rennes à Redon. Puis elle recevra par la suite la concession des lignes : Saint-Brieuc à Pontivy, Lamballe à Lison, Lannion à Plouaret, Saint-Brieuc au port du Légué, Morlaix à Roscoff. Vérifier cohérence avec le texte global.

Nous allons dans les pages qui suivent retracer l’histoire de ces lignes, de leur construction à leur exploitation jusqu’à la fin de la Compagnie de l’Ouest en 1910, date de l’intégration dans le réseau Ouest-État.


Les frères Pereire


Issus d’une famille juive d’origine portugaise installée à Bordeaux, ville où le père Jacob-Rodrigues crée une école pour sourds-muets, Isaac (1806-1880) et Jacob-Emile Pereire (1800-1875), tous deux nés à Bordeaux s’engagent rapidement dans le milieu des ’affaires investissant dans l’industrie (notamment dans les mines), les usines sidérurgiques, les chemins de fer. Ils obtiennent en 1837 la concession de la ligne de Versailles-Rive Gauche après avoir créé la Compagnie de Saint-Germain avec l’aide financière des Rothschild. Ils mettent le chemin de fer, jusqu’alors cantonné au transport de marchandises, au service des voyageurs. Actionnaires de plusieurs compagnies de chemins de fer, Emile est directeur en 1845 de la Compagnie des chemins de fer du Nord, Isaac, administrateur de la Compagnie de Paris à Lyon. En 1852 ils créent leur propre banque, le Crédit Mobilier qui fait faillite en 1867. Adeptes des théories de Saint-Simon, collaborant au journal Globe, ils fondent la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest en fusionnant plusieurs compagnies desservant la Normandie, puis ils obtiennent en 1855 la concession des lignes desservant le nord de la Bretagne.

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Les frères Pereire investissent également dans les lignes maritimes transatlantiques. En mars 1855 ils créent la Compagnie Générale Maritime avec des armateurs de Granville. La Compagnie dispose d’abord de terre-neuvas pour la pêche à la morue et de navires pour le transport de main d’œuvre vers les Antilles. Elle s’intéresse plus tard aux lignes transatlantiques subventionnées par l’État. La concurrence est rude, y compris avec d’autres sociétés françaises. Leur société devient la Compagnie Générale Transatlantique. Elle construit ses paquebots à partir de 1862 à Saint-Nazaire aux chantiers de Penhoët. Le paquebot « Washington » inaugure en juin 1864 la ligne Le Havre-New-York. En 1914 la compagnie compte dans sa flotte 84 navires. Ils s’intéressent aussi au développement de l’immobilier en créant des lotissements, notamment à Saint-Germain en Laye (cité Médicis), près du parc Monceau à Paris. Les deux frères profitent également du développement du réseau ferroviaire pour promouvoir le tourisme balnéaire, et les investissements nécessaires à l’accueil des touristes, et cela plus particulièrement à Arcachon qu’ils desservent en prolongeant la ligne de Bordeaux à La Teste. Ils y construisent la gare, un casino, un grand hôtel, ainsi que des villas dans les pinèdes revendues avec de substantiels bénéfices, sans compter les terrains lotis, une fois la station devenue à la mode. Les deux frères Pereire furent également députés, l’un de la Gironde, l’autre des Pyrénées Orientales entre 1863 et 1869. Une station de métro à Paris (Pereire-Maréchal Juin) ainsi qu’un boulevard portent leur nom dans le 17° arrondissement.