Pierre Moalic

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Natif du Finistère, le 5 Mai 1909,Instituteur à Kérity-Penmarch au début de sa carrière,il a déjà un passé de syndicaliste. En effet il a participé à la grève de l’Ecole Normale des Instituteurs de Quimper en 1929. Il adhère à la C.G.T.U. des instituteurs. De 1930 à 1936 il assume la responsabilité de Secrétaire -adjoint du syndicat de l’enseignement, puis devient membre du conseil syndical du S.N.I du Finistère. A Audierne il créé un Comité du Secours Rouge International. Ce comité se transforme par la suite en cellule du P.C.F sur proposition de Moalic. Il déploie une activité importante qui aboutit à la création de plusieurs cellules communistes dans cette région du pays bigouden. En 1937 il est nommé instituteur à Poullan sur Mer et devient secrétaire de la section PCF de Douarnenez. «  Il appartient à une nouvelle génération de militants communistes, lasse des roueries de Le Flanchec, qui refuse ses abandons, ses à peu -près idéologiques, ses circonvolutions oratoires ( )». Cette nouvelle équipe communiste se présente aux élections municipales de 1937 contre la liste du maire communiste Le Flanchec sans réussir à empêcher sa réélection. Le Flanchec exclu du PCF dérivera par la suite vers le nationalisme, sera un proche de Jacques Doriot, un ancien communiste qui créa le Parti Populaire Français, parti dont l’idéologie s’inspirait du fascisme italien et allemand.

Après l’interdiction du PCF en 1939 , Pierre Moalic participe à la réorganisation de son parti . Mobilisé en 1940 dans l’infanterie, il est dispensé de service et revient dans ses foyers en Août 1940. Il entre dès l’occupation en résistance, participe aux tracts anti-allemands et est en relation avec la direction régionale clandestine du PCF en Bretagne.

Interné politique

Arrêté le 11 mars 1941 dans sa classe à Poullan il est transféré au camp de Versailles puis d’Aincourt où se trouvaient déjà 700 détenus en majorité communistes. Il est chargé de reproduire le journal interne du camp «  L’interné d’Aincourt » initié par l’organisation clandestine du PCF dans le camp. Il est libéré en octobre 1941 à la demande de l’Inspection académique avec obligation de prendre un poste dans les Côtes du Nord. Il est nommé avec son épouse à l’école de Saint-Alban.Malgré la surveillance dont il est l’objet, Pierre Moalic prend contact avec les F.T.P et le Front National dont il devient responsable pour le secteur de Pléneuf Val André sous le pseudonyme d’Henri.Il devient ainsi responsable des F.T.P dans ce secteur et participe à la Libération de Pléneuf puis du Cap Fréhel.

Au CDL des Côtes du Nord

A la Libération , Pierre Moalic représente son parti au sein du CDL à partir d’octobre 1944 en remplacement de Jean-Louis ( Théo Le Coz ). Dans le cadre de la recomposition du Conseil général se voit proposer au début de l’année 1945 un poste de conseiller général sur le canton de Pléneuf -Val André afin de permettre la représentation du PCF. Finalement il ne sera pas candidat à ces élections.

Le C.D.L,début mars 1945, désigne deux de ses membres MM. Rocher et Moalic qui participeront à l’établissement la liste des jurés de la Cour de Justice en collaboration avec le président du tribunal civil de Saint-Brieuc.

En mars 1945 Pierre Moalic s’intéresse au sort de réfugiés polonais hébergés à Saint-Cast . Il demande que soit mis sur pied le matériel nécessaire au ravitaillement du camp, que de médicaments lui soient attribués en quantité suffisante, que des locaux scolaires soient prévus à bref délai pour les enfants qui y séjournent .Le directeur du service des réfugiés sera sollicité. Son attention sera appelée également sur le fait que nombre de polonais sont en possession de Reichmarks. M. Moalic insiste sur le désir de travailler témoigné par les internés, ce qui permettrait de parer à la pénurie de main d’œuvre agricole.

Devant le CDL réuni le 17 Août 1945, au nom du PCF Pierre. Moalic demande que l’affaire Léon Renard dit «  André »( ) soit instruite dans les Côtes du Nord., le C.D.L décide d’intervenir en ce sens auprès du procureur Général près de la Cour d’Appel à Rennes.

Instituteur à Saint-Alban, il assume également les fonctions de directeur de l’Aube Nouvelle, hebdomadaire du P.C.F dont il est le gérant de la société éditrice crée au début de l’année 1946 avec un capital de 100 000 F. Pierre Moalic est également membre du Comité Directeur départemental du Front National. Il s’oppose en Novembre 1945 à la décision prise par la majorité dirgée par Jean Devienne. Il fait partie du comité d’entente constitué entre le PCF et le PS en vue de rechercher des convergences politiques et les modalités d’une fusion organique entre les deux partis. Après la Conférence Fédérale du PCF de mars 1946 il est désigné responsable à l’éducation et à la propagande au sein du bureau fédéral. Il anime ainsi plusieurs sessions de formation des cadres communistes avec Jean Le Paranthoen.

Retour dans le Finistère

En septembre 1947 il retourne dans son Finistère natal. Il entame un mandat de conseiller municipal à Douarnenez en 1953 à 1965 , puis à partir de 1969 jusqu’en 1983, avec notamment les fonctions d’adjoint spécial de Ploaré, commune rattachée à Douarnenez. Il fut également sécrétaire général du Comité d’Action Laïque du Finistère de 1949 à 1956.

L’aube Nouvelle souligne qu ‘ « il fut un des pionniers qui construisirent la fédération du PCF après la Libération et qu’il fut pour beaucoup dans le succès de ce journal, ainsi que ses qualités d’orateur calme, pondéré, logicien implacable et redoutable contradicteur, nous ne dirons jamais assez combien notre fédération doit à sa clairvoyance, à son dévouement, à son intelligence ». Pierre Moalic est décédé en 1998.