Halna du Fretay

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Madame Halna du Fretay

Née le 13 décembre 1891 à Saint Brieuc, Marie Noémie Fourtier-Rouget est élevée par sa grand-mère à Saint-Brieuc ayant perdu ses parents très jeune. Elle suit des études au collège la Providence de Saint-Brieuc avec de bons résultats Au cours de la guerre 14-18, comme beaucoup de jeunes filles elle apporte son aide aux soldats blessés rapatriés à Saint-Brieuc. Son frère Saint-Cyrien meurt au front. Elle se marie après la guerre avec l’aîné de la famille Halna du Fretay, Maurice,l’aîné de quinze enfants.

Maurice Halna du Fretay, Compagnon de la Libération

Son fils Maurice, 20 ans, essaye de s’engager dans l’ArmĂ©e en AoĂ»t 1939 sans succès. L’AĂ©rodrome de Dinan est transformĂ© en AĂ©rodrome militaire, Maurice Halna Du Fretay, aviateur ayant pris des cours Ă  l’AĂ©roclub de Dinan et ayant achetĂ© avec ses Ă©conomies un petit avion tchĂ©coslovaque Zlin XII de 45 chevaux doit enlever son avion. Il le dĂ©monte et range les diffĂ©rents Ă©lĂ©ments dans la propriĂ©tĂ© familiale de RanlĂ©on. En Octobre 1939, il est enfin engagĂ© volontaire comme Ă©lève-pilote radio-navigant (Ă  l’AĂ©rodrome d’Aulnat). Quelques mois plus tard c’est la dĂ©bâcle et le repli vers Gaillac dans le Tarn. Maurice envisage de regagner l’Angleterre avec un des avions de l’aĂ©rodrome sans succès. Il regagne la Bretagne en franchissant la ligne de dĂ©marcation en Septembre 1940. Il fait part Ă  sa mère de rejoindre l’Angleterre. Elle lui indique qu’il ne s’agit pas de partir, mais d’arriver en Angleterre. En attendant de trouver le moyen de rejoindre la France Libre, Maurice Halna du Fretay reprend des Ă©tudes de droits Ă  la FacultĂ© de Rennes. Puis lui vient l’idĂ©e d’utiliser son propre avion pour quitter la France. Celui-ci est remontĂ© avec l’aide d’amis sĂ»rs et patriotes. L’avion pouvant embarquer un passager, un autre patriote est du voyage. Le 15 Novembre 1940 Maurice rĂ©ussit l’exploit de quitter la Bretagne Ă  bord de son petit avion en utilisant l’allĂ©e de la propriĂ©tĂ© familiale de RanlĂ©on pour dĂ©coller. Le jour du dĂ©part sa mère se rend Ă  Paris afin de pouvoir prouver, si besoin en cas d’éventuelles reprĂ©sailles allemandes, qu’elle n’était pas prĂ©sente Ă  RanlĂ©on. Maurice atterrit quelques heures plus tard du cotĂ© de Dorchester. Il participe Ă  sa première mission de guerre au sein des Forces AĂ©riennes de la France Libre le 21 Novembre 1941, puis dans la Royal Air Force ( Squadron 174 ) Ă  de nombreuses missions aĂ©riennes au dessus de la France. Il est dĂ©corĂ© par le GĂ©nĂ©ral de Gaulle le 1° FĂ©vrier de la Croix de la LibĂ©ration. Son avion est abattu lors de l’opĂ©ration de dĂ©barquement anglais Ă  Dieppe le 19 AoĂ»t 1942 en appui aĂ©rien de la tentative de dĂ©barquement alliĂ©. Sur la carlingue de son avion figuraient les inscriptions «  Breiz dalc’h mad Â» (Tiens bon Bretagne) et « Kentoc’h mervel Â» (plutĂ´t mourir).

La Résistance

Madame Halna du Fretay héberge des résistants dans sa propriété de Rauléon durant l’occupation notamment l’Abbé Chéruel à plusieurs reprises et quand celui -ci quitte le département avant de rejoindre la région parisienne en mars 1944.Quand quelqu’un avait besoin d’un refuge il savait qu’il trouverait la porte ouverte à Ranléon. Cela se faisait naturellement, avec beaucoup de simplicité.


Madame Halna du Fretay connaissait l’abbé Chéruel bien avant la guerre. C’est probablement à son initiative qu’elle devient avant la Libération membre du CDL. au titre de l’équilibre du comité pour assurer une représentation vers les femmes patriotes. Officiellement elle représente les femmes de la résistance n’appartenant à aucun mouvement. Elle siège à la commission des arrestations présidée par Yves Lavoquer en compagnie de Pierre Moalic, représentant du PCF. Femme modérée elle apportait au sein de cette instance sa pondération et recherchait à apaiser les passions de cette période durant laquelle les passions étaient exacerbées.

Au Comité Départemental de la Libération

Dès les premières semaines de la Libération, Madame Halna du Fretay est chargée par le CDL de visiter les lieux de détentions des personnes arrêtes par les FFI. Accompagné de l’Abbé Chéruel et de Stanis Le Moel, elle se rend notamment à la prison de Saint-Brieuc et à l’école où sont internées des femmes. Un compte-rendu de cette inspection est présenté devant le CDL le 29 Août 1944.Elle propose d’améliorer les conditions de vie des femmes. Elle serait également intervenue afin de faire libérer certaines personnes internées abusivement dans l’euphorie de la Libération.

Lors de la réunion du CDL du 29 mai 1945, Mme du Fretay fait part des difficultés qui se présente à elle concernant le local attribué au COSOR. M. Avril intervient téléphoniquement à ce sujet auprès du responsable M. Guy, et le prie de bien vouloir réserver un local de choix pour le service des déportés rapatriés.

Au mois de septembre 1945, Mme du Fretay signale Ă  ses collègues du CDL que son attention a Ă©tĂ© attirĂ©e sur l’état d’abandon dans lequel se trouvent les tombes des soldats français inhumĂ©s Ă  Grenoble pendant la guerre. Ainsi Mme Veuve Lucas de Tramain ayant eu l’autorisation de visiter la tombe de son mari, rapatriĂ© d’Allemagne comme grand malade en 1941, hospitalisĂ© Ă  Grenoble Ă  l’HĂ´pital de la Tronche, mort dans cette ville un mois après son arrivĂ©e a eu le chagrin de trouver cette tombe dans un champ abandonnĂ© Ă  l’herbe et aux ronces et appelĂ© «  Cimetière des Ă©trangers Â». Civils et soldats y sont pĂŞle-mĂŞle et le fossoyeur a dit Ă  Mme Lucas que personne n’est chargĂ© de l’entretien de ces tombes. Il y a lĂ  quelque chose de poignant et de scandaleux Ă  la fois, alors que les tombes des français libres tombĂ©s en Grande-Bretagne sont pieusement entretenues par la population. Le C.D.L dĂ©cide d'intervenir auprès de son homologue de l’Isère afin de veiller Ă  ce qu'un minimum d'entretien soit accordĂ© aux tombes des soldats en attendant le transfert de leur corps.

A la Libération Madame Halna du Fretay se voit proposer par le CDL le poste de conseillère générale du canton de Jugon dans le cadre de la recomposition du Conseil Général. Aux élections cantonales du mois de septembre 1945 elle se présente effectivement sur le canton de Jugon, elle est battue au second tour par un candidat de la SFIO .Elle sera également conseillère municipale à Saint-Igneuc après la guerre.


Madame Halna du Fretay s’occupait avec discrétion au sein du CDL d’affaires délicates dont elle parlait peu. L’abbé Chéruel était un ami de la famille qu’il fréquentait déjà avant la guerre, pendant la résistance et ensuite. Mme du Fretay n’appartenait à aucun des mouvements de résistance ou à un parti politique. Elle incarne cette résistance unie par delà les convictions, les croyances. Du début de la guerre jusqu'à la Libération, Mme Du Fretay et sa famille eut une attitude patriotique et pas le moindre doute sur l’issue du combat. Il s’agit d’abord de conviction personnelle sans référence à un parti ou un mouvement de résistance en particulier. Mme du Fretay aidait les gens comme elle pouvait. Après la guerre elle s’est retirée de toute activité ayant à s’occuper de sa famille ( ). Elle est décédée le 30 Juin 1951 à Ranléon en Saint-Ygneuc.

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