François Bellec

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François Bellec voit le jour à Séglien dans le Morbihan le 23 Janvier 1880, son père est petit fermier mais a dû quitter sa ferme pour des raisons de santé. La famille s’installe à Rostrenen et loue une petite maison couverte de chaume près de l’école des garçons. François fréquente l’école maternelle qui vient de s’ouvrir en cette année 1884. Elève doué il fut choisi par sa maîtresse, Sœur Cécile une religieuse, pour apprendre à lire à ses petits camarades au bout de deux ans. Destiné au métier d’instituteur, il passe son certificat d’étude à dix ans en 1890. Le Vicaire le repère parmi les meilleurs éléments et propose à son père de l’envoyer au séminaire de Plougernevel, la pension payée ainsi que l’habillement. Finalement c’est un autre élève qui sera retenu. Pendant trois ans il suit les cours supérieurs tout en restant à l’école primaire en utilisant les livres et les cours des élèves du village qui allaient à Guingamp. Cette formation par correspondance en quelque sorte lui permet de passer le brevet et le concours d’entrée à l’école normale à quinze ans. Après trois ans de formation François Bellec est nommé instituteur adjoint à Carnoet au mois de juillet 1898 à 18 ans. Il y reste trois ans jusqu'à son départ au régiment. Puis après avoir effectué trois années sous les drapeaux le voilà de retour dans le département, instituteur adjoint à Rostrenen. Le directeur de l’Ecole Normale réussit de le convaincre de le suivre à Lille à l’Ecole des Arts et Métiers de cette ville comme surveillant et étudiant afin d préparer le concours de professeurs d’écoles supérieures et d’écoles normales. C’est ainsi qu’il rencontre des étudiants en médecine et se lie avec l’un d’entre -eux. Tout en surveillant les dortoirs ainsi que les études le matin et le soir, il dispose de temps pour ses études. Ainsi il réussit sa médecine en six ans et revient en Bretagne, à Maël-Carhaix, en qualité de médecin généraliste.

Vient la guerre 14-18, le docteur Bellec est mobilisé. Incorporé comme sergent d’infanterie, il ne fait pas état de sa profession médicale. Il a fallu que des amis interviennent pour qu’il puisse exercer son métier dans l’armée. Au bout de deux ans il part en Roumanie avec trois autres médecins français combattre les épidémies qui sévissaient à l’époque dans ce pays, avec très peu de moyens. Par la suite il part en Moldavie, à Jassy l’ancienne capitale d’un pays dont la moitié est occupée par les allemands. L’armistice est signé en mars 1918 avec la Russie bolchevique, le docteur rejoint la France en traversant d’abord la Russie en chemin de fer jusqu'à Saint-Pétersbourg puis sur un croiseur anglais qui le mène à Newcastle. La guerre se termine et François Bellec reprend ses activités de médecin de campagne à Rostrenen.

En 1925, il est sollicité pour se présenter aux élections cantonales après le décès du conseiller sortant. Pendant trois mandats Le Dr Bellec est maire de Rostrenen et représente son canton au conseil général. De tendance radical-socialiste, il devient rapporteur du budget et un technicien averti des questions départementales en siégeant au sein de la Commission départementale (équivalent de la Commission permanente actuelle). Décoré de la Croix de chevalier de la légion d’honneur en octobre 1928 lors d’un banquet républicain auquel assistent toutes les personnalités républicaines et laïques du département (Le Trocquer ancien ministre, de Kerguézec, sénateur et président du conseil général, etc.)

Au C.D.L des Côtes du Nord

François Bellec devient membre du CDL après la Libération dans le courant de l’automne 1944 (réunion du 1° Septembre 1944) en tant que représentant du Conseil Général d’avant guerre, n’ayant eu aucune compromission avec le régime de Vichy et ce jusqu'à sa dissolution. Il ne s’implique plus dans le combat électoral. Il siège au Comité Directeur du Front National des Côtes du Nord après le Congrès du début de l’année 1945 jusqu'à la dissolution du mouvement.

Le docteur Bellec fait part au cours de la réunion du CDL du 1° Décembre 1944 des difficultés rencontrées par les médecins pour se procurer du carburant. Par ailleurs le C.D.L. appuie sa demande afin que l’Ingénieur des Ponts et Chaussées obtienne un contingent d’achat de véhicules neufs afin de remplacer les convois réquisitionnés ou volés pendant la guerre par l’occupant. Il revient à la charge le 2 février 1945 en se faisant l’écho des membres du corps médical qui réclament une majoration de leur attribution d’essence. Il signale que les médecins menacent de faire grève une fois qu’ils auront épuisé la faible quantité de carburant dont ils disposent. Le président répond qu’il a demandé des indications sur la manière dont agissent les responsables de la répartition de l’essence. Il a insisté pour que les dotations respectivement consenties aux administrés soient affichées dans les mairies.

Il décède en 1978 à l’âge de 97 ans après une vie bien remplie.