Défense de la France

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Un noyau d’étudiants parisiens groupés autour de Philippe Viannay est à l’origine de ce mouvement qui commence à se structurer dès l’automne 1940. L’idée première est de publier un journal permettant de diffuser des positions qui se rattachent à un certain catholicisme moderne. Les références chrétiennes ne manquent pas dans les écrits de Défense de la France qui marquent également son opposition au communisme. Le journal Défense de la France devient un des journaux clandestins les plus diffusés avec des tirages atteignant plusieurs centaines de milliers d’exemplaires.

Vers Noël 1942, le groupe fondateur cherche à s’élargir d’une part vers la province, d’autre part en essayant de trouver de nouveaux modes d’actions. Une mission de prospection dirigée par deux étudiants Daniel Gieules et Daniel Domange nouent des contacts dans les Côtes du Nord, notamment avec Léon Martin à Loudéac. Par la suite, un étudiant parisien Jean-François Sennelier poursuit l’œuvre de recrutement en Bretagne jusqu'à son arrestation en juillet 1943. Ensuite Maurice Prestaut, Patro, prend le relais avec Pierre-Louis Houdy. A Saint-Brieuc, ils prennent contact avec Cécile Jéglot le 28 août 1943 qui établit le mouvement Défense de la France dans cette ville.

Cette tactique porte ses fruits en Bretagne puisque le mouvement compte 162 membres au cours de l’année 1943 et que la Bretagne apporte le tiers des nouveaux adhérents entre 1942 et 1944. Les groupes bretons diffusent environ 17 000 exemplaires du journal et compte à peine 700 membres. Parfois le journal est également imprimé à Rennes par Honoré Commeurec, de Libé-Nord.

Le mouvement évolue à partir de 1942 vers les actions plus classiques, suite à l’invasion de la zone sud et l’instauration du STO. Il se spécialise ainsi dans la fabrication de faux papiers pour les résistants et les réfractaires en quantité industrielle et souvent à la demande des autres mouvements. Une décentralisation de cette activité est nécessaire, et un centre de faux-papiers est créé à Saint-Brieuc. Des groupes francs sont constitués notamment en Bretagne qui apportent la moitié des effectifs nationaux de ces groupes paramilitaires. A la fin de l’année 1943, Défense de la France s’intègre dans une fédération le Mouvement de Libération Nationale (M.L.N) regroupant les Mouvements Unis de la Résistance de la zone sud, Résistance et Défense de la France.

En Bretagne les responsables de Défense de la France furent, en Côtes du Nord,l' abbé Fleury et Jean Métairie, dans le Finistère, Jacques Boulaire, en Ille et Vilaine, Maurice Prestaut, puis Hubert de Solminihac.