Auguste Le Coënt

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Natif de Saint-Nicolas du Pelem au village de Ruellou ( Né le 24 Septembre1910), Auguste Le Coent est issu d’une famille de douze enfants. Après avoir effectué ses études à l’école libre, il exerce la profession d’agriculteur.Il milite au Parti Socialiste à partir de 1936. Il est également en relation avec certains militants du Secours Rouge International. Mobilisé en Juin 1940 , il se retrouve dans la Marne.

La Résistance

Auguste Le Coent fait prisonnier réussit à s’échapper en compagnie d’un autre soldat et rentre chez lui à Saint - Nicolas du Pelem déjà occupé par les allemands. Il participe aux actions de la Résistance et adhère au Front National au cours de l’année 1942. Il rejoint ensuite les rangs du Parti Communiste clandestin dont la direction est installée dans les environs. Il assure la liaison avec l’extérieur., capitaine FTP du maquis de Saint-Nicolas Auguste Le Coent devient membre du C.D.L. à partir de Septembre 1944, au titre des professions agricoles. Il est nommé Maire de Saint-Nicolas du Pelem à la Libération puis sera réélu à chaque scrutin jusqu’en 1983, date à laquelle il se retire. Il est également membre du Comité Directeur du Front National ; élu lors du Congrès national qui se tient à paris en Février 1945.Il est le seul membre du CDL élu au Conseil Général en octobre 1945 l’étiquette URRA ( Union Républicaine de la résistance ), puis du PCF jusque en 1985. Candidat à la présidence du Conseil général en 1946 , il obtient ... Voix, finalement c’est André Cornu qui obtient la présidence.

Député des Côtes du Nord

Auguste Le Coent eu également une carrière de parlementaire, à l’instar d’Yves Henry, autre membre paysan du CDL. Elu député sur la liste communiste aux élections législatives de Novembre 1946,il arrive à l’Assemblée en botocoats ( sabots) et choque ses collègues en parlant en Breton. Il ne siège que quelques jours à l’Assemblée Nationale , ayant été désigné pour être membre du Conseil de la République. Il se représente sans succès aux élections législatives de 1946, 1951 puis 1956.. Il est également particulièrement actif dans le syndicalisme paysan, ce qui le conduit à être élu premier secrétaire de la Confédération Générale Agricole lors du congrès de 1946. Il fonde en 1946 la Coopérative Agricole Céréalière La Pélemoise Il entre également au CELIB pour y représenter le Conseil Général des Côtes du Nord. Après la victoire de l’Union de la Gauche en 1976, qui voit Charles Josselin accéder à la présidence du Conseil général, Auguste Le Coent a en charge ..... Voir avec le Groupe PCF/ felix Leyzour Dans les années 1950 , il se rend en voyage en U.R.S.S et rentre assez désabusé par l’extrême discipline qui y règne, lui le rebelle ne pouvait se plier à cette vie policée. Après quarante ans de vie politique, Auguste le Coent, toujours célibataire, fidèle à lui- même se retire sur ces terres du village de Ruellou. Il déclare dans un interview à Alain Le Nédelec «  Ni déçu, ni amer. J’ai toujours dit que l’homme responsable se devait, par honnêteté, de travailler pour le bien collectif. Je n’ai jamais oeuvrer dans l’espoir d’un témoignage de reconnaissance de quiconque. Celui qui attend la reconnaissance, à mon avis, n’est pas digne d’assumer à fond son rôle quel qu’il soit. Pour ma part , je n’ai jamais agi dans ce sens, si bien que je n’ai jamais été déçu ». Auguste Le Coent avait son franc-parler. La discipline du parti communiste, il s’en moquait un peu, il tenait à son indépendance ce que n’appréciait pas toujours l’appareil du P.C.F. Il aimait beaucoup se promener dans la nature et observer l’environnement, il aimait les arbres et les animaux. Cette passion lui évitait de s’ennuyer après avoir abandonner toutes ces responsabilités politiques. Il décède en mai 1996.

Témoignage de Jean Le Jeune le 26 Janvier 2000.

« J’ai rencontré Auguste le Coent, pour la première fois, en été 1943 par l’intermédiaire de Noël Cozic, responsable local des F.T.P. A l’époque j’étais moi-même responsable (Commissaire aux effectifs ) des FTP du secteur Sud-Ouest du département des Côtes du Nord. En cet été 1943 , Auguste était l’un des responsables locaux du Front National pour la Libération et à ce titre il apportait son concours pour le recrutement et l’organisation des FTP dans le secteur. Comme moi-même , Noël Cozic et quelques autres, Auguste était membre du P.C clandestin et il nous arrivait souvent de parler du rôle du parti dans la lutte pour la libération. Nous étions admiratifs de la progression de l’Armé Rouge sur le front de l’Est. Je revoyais Auguste assez régulièrement et on faisait le point sur l’organisation des FTP, un détachement avait été constitué avec, à sa tête, un gendarme nommé Moisan, hélas arrêté en 1944 et mort en déportation. C’est surtout à partir de mai 1944, quand me fut confiée la responsabilité départementale des FTP que je voyais assez régulièrement Auguste. Le PC des FTP s’était installé dans la vallée de Faoudel, et la direction régionale du parti communiste ( des quatres départements bretons) à la Chapelle du Ruellou village où habitait Auguste, avec «  Yves » et «  Maurin » comme responsables. A chaque fois que j’avais besoin de voir un responsable du PC, en dehors des réunions habituelles je me rendais au Ruellou, à la ferme d’Auguste et c’est lui, ou parfois son frère Edouard qui allait prévenir le PC et on me fixait un rendez-vous dans un lieu déterminé et à une heure bien précise. Le dernier rendez-vous eu lieu le 4 Août et c’est seulement ce jour-là, jour de la Libération du secteur, que j’apprenais que le siège du PC clandestin se trouvait à deux pas de la ferme d’Auguste. Le Commandant de la Compagnie FTP de Saint-Nicoals fut confiée fin Juillet 1944 à Auguste, mais très pris par son activité parallèle au FN, c’est Louis Guyomard, chef de brigade et grand résistant qui devint début Août 1944, capitaine de la compagnie, rattachée au bataillon du commandant Pichaud. Aussitôt les communes libérées, Auguste eut beaucoup de travail à la constitution , à Saint Nicolas du Pélem certes, mais aussi dans les communes environnantes des comités locaux de libération avec la population résistante en remplacement des municipalités de Vichy. Courant Août 1944, Auguste est nommé membre du CDL, présidé par Henri Avril, il y représentera le Parti Communiste mais aussi les organisations paysannes, syndicats, coopératives . On y parlera très vite de remembrements, statuts du fermage,etc. L’activité d’Auguste le Coent au sein de cette instance du CDL fut importante et très vite il devient une grande figure de la paysannerie moderne du département. J’ai continué à côtoyer Auguste après la Libération du fait que je fus moi-même devenu membre du comité fédéral du PCF au congrès de Mars 1946 à Guingamp, comité auquel siégeaient également Pierre Moalic et Madeleine Bello autres membres du CDL.Auguste Le Coent engagea à cette époque une carrière politique, Maire de 1944 à 1983, Conseiller Général de 1945 à 1985 , député puis Conseiller de la République de 1946 à 1948. Devenu moi-même secrétaire de la fédération du PCF des Côtes du Nord, j’ai eu l’occasion durant de nombreuses années , à ce titre, de côtoyer Auguste dans les différentes instances de nos organisations. Je devais quitter le département en Septembre 1954 pour rejoindre ma famille dans la Manche où ma femme avait été nommé institutrice Quelques mois avant alors que je travaillais à l’usine du Jouguet, je retrouvais Auguste à une manifestation à Saint-Brieuc pour la libération de Jacques Duclos. Suite aux charges des CRS Auguste et quelques autres camarades furent arrêtés et incarcérés. Le bureau fédéral réuni aussitôt me demanda d’aller à Saint-Nicolas du Pélem organiser une assemblée de la population pour exiger la libération d’Auguste ce qui fut fait et réussi et Auguste fut de retour dans la nuit. Quand je revenais au pays (après 1954 j’étais dans la région parisienne) je ne manquais pas d’aller rendre visite à Auguste.C’est finalement en 1978 que je suis revenu définitivement à Saint-Nicolas du Pelem en retraite et je retrouvais Auguste toujours fidèle à lui-même, un peu vieilli certes, mais toujours actif et lucide. J’ai assisté aux cérémonies de passage de Saint-Nicolas du Pélem en station verte d vacances, ce fut un grand moment dans la vie militante d’Auguste au service de sa commune. Hélas l’heure de son remplacement allait bientôt sonner et de nombreux candidats, pas tous très honnêtes, allaient faire preuve d’ingéniosité pour écarter Auguste. Ce fut une bien décevante fin de carrière pour notre camarade qui méritait mieux après un demi siècle passé au service de la population, de son pays et de son parti. »