Abbaye de Boquen

De www.wikiarmor.net
Abbaye de Boquen
Commune Plénée Jugon.
Téléphone 0296302236
Site web


Boquen.jpg

Une abbaye cistercienne au cœur de la forêt de Boquen.



L’Abbaye se trouve en lisière de forêt de Boquen sur la commune de Plénée-Jugon.
Fondée par Olivier II, Comte de Dinan et Agnovie, sa femme, l'abbaye est peuplée de quelques moines venus de l'abbaye cistercienne de Bégard, elle-même fondée en 1130 par des moines de l'abbaye cistercienne de l'Aumône. Elle connaît dès sa fondation en 1137 des débuts modestes. Elle reçoit de nombreux biens fonciers et immobiliers au 13ème siècle et semble être au fait de sa prospérité. La communauté est alors composée de moines de chœur et de moines convers qui travaillaient dans les granges de Saint-Cado sur la commune de Sévignac et l'Hermitage sur la commune de Broons, centres d'exploitation agricole. Les moines deviennent de véritables seigneurs ecclésiastiques et possèdent alors des fiefs et différents droits qui y sont attachés comme celui de haute, moyenne et basse justice sur leurs terres. Ils exercent aussi le droit de ban sur leur moulin à blé encore visible près de la porte de l'abbaye. Leurs biens s'étendent sur de nombreuses communes limitrophes : Le Gouray, Sévignac, Broons, Plénée, à l'exception d'une pêcherie située sur la commune de Morieux. Le déclin de l'abbaye est accentué par le système de la commende au 16ème siècle, qui impose un abbé commendataire (qui ne réside pas dans l'abbaye et est nommé par le roi) et une réduction des moines pour réduire le coût de fonctionnement de l'abbaye. A partir de cette époque et jusqu'à la Révolution française, l'abbaye ne comptera plus que 3 ou 4 moines vivant sur place. Au début du 17ème siècle, la réforme cistercienne de la Stricte Observance permet un renouveau de la vie monastique mais les moines font face à une relative pauvreté qui ne leur permet pas de restaurer les bâtiments en ruine de l'abbaye. Des réparations sont tout de même effectuées : la boulangerie, bâtiment accolé au fournil encore visible près de la porte en est le témoin. Les ailes Nord et Ouest (la maison du prieur) du cloître sont reconstruites en partie . A la Révolution française, l'abbaye est vendue comme bien national en 1791 et les moines doivent partir. Le prieur de l'époque, Louis Josse se porte acquéreur de l'abbaye mais il meurt au cours d'une partie de chasse quelques mois plus tard. L'abbaye devient alors une ferme et une carrière de pierre pour les habitants des environs. Elle renaît à la vie en 1936 avec l’arrivée de Dom Alexis Presse, moine cistercien, abbé de Tamié, qui, avec l’aide de quelques condisciples et l'artisan Auguste Bourdais, pierre après pierre, va relever le sanctuaire.
Il entreprend la reconstruction des bâtiments et restaure peu à peu la vie monastique. En 1938, l’Abbaye est classée Monument Historique et en août 1965, l’église abbatiale est consacrée.
Après 29 ans d'efforts de l'ecclésiastique, Boquen retrouve sa prépondérance cistercienne d'antan.

Nommé prieur de Boquen en 1964 par Dom Presse, le moine Bernard Besret , Docteur en théologie, fait de l’Abbaye un véritable laboratoire pour la réforme de la vie monastique, et un centre spirituel de vaste rayonnement. Mais ses conceptions exprimées dans ses premiers écrits et dans sa conférence du 20 août 1969 "Boquen, hier, aujourd'hui, demain", tendaient à substituer aux règles monastiques la vocation d'une communauté ouverte sur le monde en association avec le courant révolutionnaire de Mai 1968.
Face à l’intransigeance de sa hiérarchie, la menace d'activistes catholiques traditionalistes d’une part et, sa marginalisation dans la pensée chrétienne d'autre part, il dut quitter l'Abbaye en 1974 et laisser la place en 1976 à une communauté de moniales de Bethléem.

Depuis janvier 2011, la Communauté du Chemin Neuf, une communauté catholique à vocation œcuménique, née en 1973 à Lyon a repris à la demande de la Congrégation des Soeurs de Béthléem et en accord avec l'évêque du diocèse, la gestion de l'Abbaye de Boquen.


Dans l'église, on peut voir le tombeau de Dom Alexis Presse ainsi que la sépulture de Gilles de Bretagne.
C'est en effet à quelques kilomètres de Boquen, à Saint-Launeuc sur les bords de la Rance au château de la Hardouinaie ( ou Hardouinaye ), "place mal plaisante, close et étroiste", que Gilles fut assassiné le 24 avril 1450 sur les ordres de son frère, le Duc François 1 er de Bretagne.

La tombe de Gilles de Bretagne dans le choeur de l'Abbatiale
Le gisant de Gilles de Bretagne conservé au Musée de Saint-Brieuc


La dépouille mortelle de Gilles fut transportée à Boquen et inhumée dans le choeur de l'Abbatiale.
Le corps fut enseveli au pied du maître-autel. On posa sur la tombe une dalle d’ardoise qu'on surmonta de la figure en bois du trépassé.
Cette statue ou gisant a été préservée.
Emportée de l’église abbatiale à l’époque où celle-ci fut désaffectée, elle trouva place dans la chapelle du château du Parc à Saint-Jacut du Mené puis elle fut reléguée ensuite dans la grange d’une ferme voisine. En 1862, elle fut remise au Musée d'art et d'histoire de Saint Brieuc où elle est désormais visible.

Pour en savoir plus sur l'histoire malheureuse de Gilles de Bretagne, rendez vous sur Poudouvre.





A l'entrée du site, on découvre aussi le moulin dans lequel une exposition explique la vie des sœurs de Béthléem et la salle historique qui retrace l'histoire de l'Abbaye.


Fiche consacrée à l'Abbaye Notre-Dame de Boquen sur Wikiwand.

A voir également sur l'excellent site Infobretagne cet article consacré à l'histoire de Boquen.


Page mise à jour par Jean-Yves Hamet le 31 août 2018 à 21:21 (UTC)